Brexit : L’industrie automobile européenne redoute un « séisme » en cas de sortie sans accord

BREXIT Des géants de l’automobile comme l’allemand BMW, le français PSA et le japonais Nissan possèdent actuellement des usines en Grande-Bretagne, dont l’avenir semble compromis en cas de « no deal »

20 Minutes avec AFP

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Des voitures destinées à l'exportation dans le port de Bremerhaven, en Allemagne, le 16 mai 2019.
Des voitures destinées à l'exportation dans le port de Bremerhaven, en Allemagne, le 16 mai 2019. — Martin Meissner/AP/SIPA

L’industrie automobile européenne a mis lundi en garde contre les effets catastrophiques d’un Brexit sans accord sur la fabrication de voitures en Europe. « Le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord déclencherait un séisme pour les conditions commerciales, avec des milliards d’euros de taxes risquant d’affecter le choix des consommateurs des deux côtés de la Manche », estiment l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), celle des sous-traitants (CLEPA) et 21 associations nationales dans un communiqué conjoint.

« Le Brexit n’est pas seulement un problème britannique, nous sommes tous concernés dans l’industrie automobile européenne, et même au-delà », a déclaré Christian Peugeot, président du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), cité dans le communiqué.

Un Brexit chaotique porterait un coup « sévère » aux chaînes d’approvisionnement à flux tendus qui s’étendent au-delà des frontières internationales, ont averti les associations. « Les industries automobiles de l’UE et du Royaume-Uni ont besoin d’un commerce sans heurts et seraient gravement pénalisées par des taxes et charges administratives pesant sur les pièces détachées et les véhicules », a estimé Bernhard Mattes, président de l’association de l’industrie automobile allemande (VDA). « Par conséquent, le Royaume-Uni et l’Union européenne devraient prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter un Brexit sans accord », a-t-il plaidé.

Un surcoût de 5,7 milliards d’euros

Les associations de constructeurs européens évaluent le surcoût lié aux droits de douane supplémentaires en cas de Brexit désordonné à quelque 5,7 milliards d’euros. Des géants de l’automobile comme l’allemand BMW, le français PSA et le japonais Nissan possèdent actuellement des usines en Grande-Bretagne, dont l’avenir semble compromis en cas de « no deal ».

Le patron de PSA, Carlos Tavares, avait prévenu en juillet que le constructeur était prêt à fermer l’usine britannique d'Ellsmere Port et transférer l’activité en Europe continentale si le Brexit tournait mal. Fin juin, PSA avait déjà lancé un sévère avertissement en prévenant qu’il fabriquerait sa nouvelle Astra dans cette usine du nord-ouest de l’Angleterre seulement en cas d’accord sur le Brexit.

10 % des véhicules assemblés en Europe exportés en Grande-Bretagne

Le fabricant de voitures premium BMW a indiqué début septembre qu’il allait arrêter deux jours son usine britannique d’Oxford autour de la date prévue pour le Brexit, soit le 31 octobre, illustrant la pagaille prévisible dans le secteur autour de cette échéance. Et Nissan avait fait savoir dès mars qu’il allait cesser de produire ses modèles de luxe Infiniti dans son usine à Sunderland dans le nord-est de l’Angleterre.

Les investissements dans l’industrie automobile britannique ont déjà subi un inquiétant coup d’arrêt au premier semestre en raison des incertitudes du Brexit. Entre janvier et juin, les nouveaux investissements annoncés ont fondu à 90 millions de livres (98,2 millions d’euros), soit une chute de 70 %. Environ 10 % des véhicules assemblés sur le continent européen sont exportés en Grande-Bretagne, selon les données du secteur. Le secteur automobile européen produit 19,1 millions de véhicules par an et emploie 13,8 millions de personnes, soit 6,1 % de la population active.