Pont effondré à Gênes : Démission du patron du groupe autoroutier Atlantia, fragilisé par les enquêtes sur le drame

ITALIE L'effondrement du pont de Gênes en 2018 avait tué 43 personnes

20 Minutes avec AFP

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Pont de Gênes (Archives)
Pont de Gênes (Archives) — Antonio Calanni/AP/SIPA

Le patron d’Atlantia a démissionné mardi alors que le groupe autoroutier italien, contrôlé majoritairement par la famille Benetton, est fragilisé par les enquêtes sur l’effondrement meurtrier du pont de Gênes en 2018.

Giovanni Castellucci, qui dirigeait Atlantia depuis 2006 et était considéré comme l’un des hommes de confiance de la famille Benetton, fait partie des personnes visées dans l’enquête principale concernant la chute du pont, qui a fait 43 morts en août 2018.

Une indemnité de 13 millions d’euros bruts

Giovanni Castellucci partira avec une indemnité d’un peu plus de 13 millions d’euros bruts, a précisé le groupe. L’accord sur son départ prévoit que tous les frais liés à des procédures judiciaires, civiles ou administratives, qui impliqueraient Giovanni Castellucci, seront à la charge d’Atlantia, y compris le versement de dommages, « à moins qu’une mauvaise conduite frauduleuse émerge » des enquêtes.

Juste après le drame du pont de Gênes, Giovanni Castellucci, âgé aujourd’hui de 60 ans, avait proposé sa démission, mais Gilberto Benetton, numéro un de la holding familiale Edizione depuis décédé, lui avait demandé de rester.

Des perquisitions menées par la police financière de Gênes

Mais, depuis la fin de la semaine dernière, le groupe est de nouveau plongé dans la tourmente. Vendredi, la police financière de Gênes a en effet mené des perquisitions et a pris des mesures conservatoires concernant neuf dirigeants et techniciens de filiales d’Atlantia – trois assignations à résidence et six interdictions provisoires de travailler pour les services publics — dans le cadre d’une deuxième enquête pour de « fausses attestations » concernant des contrôles de viaducs autoroutiers avant et après l’écroulement du pont Morandi.

L’enquête a montré de « graves indices de culpabilité » concernant la rédaction de rapports avec « falsification et/ou omission » d’information, afin de « cacher aux inspecteurs du ministère des Infrastructures et des Transports des éléments sur la condition des ouvrages et leur état de conservation », a indiqué la police financière dans un communiqué.