Une raffinerie a été visée par une attaque en Arabie saoudite le 14 septembre 2019, et Washington soupçonne l'Iran d'être responsable.
Une raffinerie a été visée par une attaque en Arabie saoudite le 14 septembre 2019, et Washington soupçonne l'Iran d'être responsable. — AY-COLLECTION/SIPA

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VIDEO. L’attaque en Arabie saoudite lancée depuis l’Iran, selon des responsables américains

Le secrétaire d'Etat est en route pour l'Arabie saoudite, et Donald Trump pourrait durcir le ton si le rapport du renseignement américain accuse officiellement Téhéran

Voilà qui devrait tendre un peu plus une situation déjà brûlante. Les Etats-Unis ont la certitude que l’attaque du week-end contre l’Arabie saoudite a été menée depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi à l’AFP un responsable américain. Dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a affirmé sur Twitter que les « Etats-Unis sont dans le déni » en accusant Téhéran.

Bien que l’attaque ait été revendiquée par les rebelles pro-iraniens Houthis qui tirent, depuis le Yémen, régulièrement des missiles balistiques sur des cibles dans le sud de l’Arabie saoudite, avec une précision toute relative, les services de renseignement américains disposent d’éléments qui permettent de localiser l’origine des tirs, a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Selon CBS, l’Arabie saoudite avait des défenses anti-missiles dans le sud du pays et n’a rien pu faire face à cette attaque venue du nord. Un missile aurait, selon les responsables américains, traversé l’espace aérien du Koweït et Washington analyse ces données avec ses alliés avant d’accuser officiellement Téhéran.

Lundi, Donald Trump avait indiqué qu’il ne souhaitait pas un conflit avec l’Iran, mais il avait prévenu au cours du week-end que les missiles de croisières américains dans le Golfe étaient « locked and loaded » (prêts). En juin, après l’attaque contre des pétroliers dans le golfe d’Oman et contre un drone américain, le président américain avait affirmé avoir annulé des frappes contre l’Iran à la dernière minute.

Mike Pompeo en Arabie saoudite

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo doit, lui, s’envoler mardi pour l’Arabie saoudite pour « évoquer » la « réponse » des Etats-Unis, a annoncé le vice-président américain Mike Pence. « Je vous le promets : nous sommes prêts », a lancé Mike Pence dans un discours devant la fondation conservatrice Heritage à Washington. « Nous sommes prêts à riposter et nous sommes prêts à défendre nos intérêts et nos alliés dans la région », a-t-il ajouté.

L’Iran « semble » être « derrière ces attaques », a-t-il estimé, reprenant la formulation prudente de Donald Trump. « Nos services de renseignement sont en train d’analyser les preuves à cet instant même », a expliqué Pence, précisant que le président américain déciderait quoi faire « dans les prochains jours ».

Une « réponse collective » de la communauté internationale

Londres et Berlin ont appelé mardi à une « réponse collective » de la communauté internationale. Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel ont discuté de ces attaques de drones en Arabie saoudite et du regain de tension dans la région lors d’une conversation téléphonique.

Ils ont souligné « la nécessité de travailler ensemble, aux côtés de partenaires internationaux, et de se mettre d’accord sur une réponse collective », selon un communiqué de Downing Street. Les deux dirigeants ont également mis en avant « l’importance d’éviter une nouvelle escalade des tensions dans la région ».