Des manifestations de militants écologistes sont prévues à New York cette semaine pour faire pression sur les dirigeants mondiaux à l'ONU.
Des manifestations de militants écologistes sont prévues à New York cette semaine pour faire pression sur les dirigeants mondiaux à l'ONU. — Bryan R. Smith / AFP

CLIMAT

Sommet sur le climat à l'ONU : New York devient l'épicentre de la lutte contre le réchauffement

Près de 500 jeunes, dont la Suédoise Greta Thunberg, doivent assister, samedi, au premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l’ONU

Des centaines de militants écologistes sont réunis, cette semaine à New York ( Etats-Unis), pour faire pression sur les dirigeants mondiaux à l’ONU pour qu’ils revoient à la hausse leurs engagements climatiques. Au programme, manifestations, rassemblements et un sommet inédit des jeunes organisé par l’ONU.

Près de 500 jeunes sud-américains, européens, asiatiques et africains, ainsi que la Suédoise Greta Thunberg, doivent assister au premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l’ONU, samedi. Une grande manifestation est également prévue vendredi, coordonnée avec des centaines d’autres dans le monde.

Un préambule au sommet de l’ONU pour le climat la semaine prochaine

Depuis l’an dernier, le vendredi est devenu le jour de « grève de l’école pour le climat », une initiative lancée par Greta Thunberg qui s’est répandue comme une traînée de poudre dans le monde. Le vendredi suivant, le 27 septembre, pendant l’Assemblée générale de l’ONU, aura lieu une autre grève mondiale coordonnée. New York, qui accueillera aussi une semaine d’événements parallèles sur le climat, a autorisé ses élèves à sécher les cours.

Cette image d’enfants et d’adolescents embouteillant les rues de New York pour « notre maison qui brûle » sera le préambule à un sommet spécial climat lundi prochain à l’ONU, avec une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel. Nombre de dirigeants souscrivent à l’idée d’une urgence climatique, mais ils seront attendus sur les détails concrets de leurs plans climatiques, avec deux questions centrales : les fermetures des dernières centrales au charbon et la fin des autres énergies fossiles, comme le gaz et le pétrole.

Les objectifs de l’accord de Paris très loin d’être atteints

Une soixantaine de pays devraient annoncer des plans climat renforcés, selon Alden Meyer, expert de l’ONG américaine Union of Concerned Scientists, mais a priori pas les grands émetteurs, a-t-il expliqué. « C’est un marathon, pas un sprint », poursuit Alden Meyer. La vraie date butoir est fin 2020, quand l’Accord de Paris obligera les signataires à revoir leur copie. Mais on guettera les signaux envoyés, particulièrement par la Chine. Pour l’instant, seuls le Maroc et la Gambie ont des engagements « compatibles » avec l’objectif de l’accord de Paris de 2015, selon le Climate Action Tracker.

Pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l’ONU. Nous en sommes loin. L’année passée a apporté une moisson de mauvaises nouvelles. Jamais les humains n’avaient rejeté autant de dioxyde de carbone dans l’air qu’en 2018. Les canicules de cet été ont fait de juillet 2019 le plus chaud jamais enregistré sur Terre depuis 1880. Les quatre dernières années furent les quatre plus chaudes. Et des études ont révélé que les calottes polaires fondaient encore plus vite que ce que l’on pensait.

« Il se passe quelque chose en ce moment »

Parmi les 500 jeunes participants du sommet de samedi, l’ONU en a invité 100 tous frais payés, en compensant les émissions de carbone de leurs vols : une éco-entrepreneuse de l’Île Maurice et un autre d’Indonésie, des fondateurs d’associations en Argentine ou au Guatemala, des militants écologistes… Certains sont aguerris aux rouages et au jargon bureaucratiques des négociations internationales, comme le Français Côme Girschig, 24 ans. « Greta a ouvert une porte », a-t-il expliqué, en demandant : « C’est très bien d’avoir la jeunesse dans la rue qui se dit anticapitaliste et veut changer le système, mais on met quoi à la place ? »

Cet écolo modéré est végan et anti-avion, mais pas absolutiste : « Si tout le monde mange moins de viande une fois par jour, c’est plus efficace que si 5 % de la population est parfaitement végan ». Lui veut que le mouvement jeune dépasse l’extrémisme et accouche de propositions concrètes. Du Brésil arrivera vendredi João Henrique Alves Cerqueira, 27 ans, impliqué dans diverses ONG depuis cinq ans. « Je suis un peu sceptique, je n’en suis pas à ma première conférence onusienne », a-t-il dit. « Mais il se passe quelque chose en ce moment ». Quant à « Greta », il confie son admiration, mais ajoute : « Ce serait formidable que le monde entende d’autres voix, venant du Sud et des communautés indigènes ».