VIDEO. Attaque de drones en Arabie Saoudite : Les cours du pétrole grimpent de 10%, les Etats-Unis se disent « prêts à riposter »

CONFLIT Dans un tweet, Donald Trump a déclaré « attendre » des informations de la part de l’Arabie saoudite

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani.
Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani. — AFP

Les Etats-Unis se sont déclarés dimanche « prêts à riposter » aux attaques de drones la veille contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, qui ont entraîné une réduction de moitié de sa production, stratégique pour l’économie mondiale. Lundi matin en Asie, les cours du pétrole ont grimpé de près de 10 %.

« L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes prêts à riposter en fonction des vérifications, mais nous attendons que le Royaume [saoudien] nous dise qui il estime être le coupable de cette attaque, et sous quelle forme nous devrons agir ! », a tweeté Donald Trump, qui faisait ainsi pour la première fois allusion à une éventuelle réponse militaire. Dans un tweet précédent, le président américain avait « autorisé l’utilisation du pétrole de la Strategic Petroleum Reserve, si besoin, pour une quantité qui reste à définir ».

L’Iran et l’Irak réfutent tout lien avec l’attaque

Les rebelles yéménites houthis, soutenus par l’Iran et qui font face depuis cinq ans à une coalition militaire menée par Riyad, ont revendiqué ces attaques contre les installations du géant public Aramco.

Il n’y a aucune preuve que cette « attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial » soit venue du Yémen, avait commenté samedi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, accusant l’Iran d’être à l’origine de l’attaque et assurant que les Etats-Unis allaient œuvrer pour assurer l’approvisionnement des marchés.

Téhéran a jugé ces accusations « insensées » et « incompréhensibles », par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, qui a laissé entendre qu’elles avaient pour but de justifier « des actions futures » contre l’Iran. L’Irak a de son côté réfuté tout lien avec l’attaque après que le Wall Street Journal a indiqué que des responsables américains et saoudiens étudiaient la possibilité que des missiles aient pu être tirés sur les installations pétrolières depuis l’Irak.

« Les Saoudiens ne veulent pas d’un conflit ouvert avec l’Iran »

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, dont le pays est le grand rival régional de l’Iran, a assuré que Riyad était « disposé et capable » de réagir à cette « agression terroriste ».

Mais James Dorsey, expert du Moyen-Orient à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour, a estimé des représailles directes peu probables : « Les Saoudiens ne veulent pas d’un conflit ouvert avec l’Iran (…) Ils aimeraient que d’autres se battent pour eux, mais les autres sont réticents. » La Bourse de Riyad a réagi à ces attaques en chutant de 3 % à son ouverture, avant de reprendre une partie de ses pertes.

Lors d’un entretien téléphonique entre le président américain Donald Trump et le prince héritier, la Maison-Blanche a condamné les attaques contre des « infrastructures vitales pour l’économie mondiale ». Mais la Maison-Blanche a fait savoir que Donald Trump n’excluait toujours pas l’hypothèse d’une rencontre avec le président iranien Hassan Rohani, malgré les accusations portées contre Téhéran.

L’envoyé de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, s’est déclaré « extrêmement préoccupé » par les attaques, également condamnées par des voisins de Riyad (les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït). Paris a exprimé sa « solidarité » avec Riyad. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné les attaques et appelé toutes les parties à « la retenue pour prévenir toute escalade », selon son porte-parole.