Crise à Hong Kong : Des manifestants réclament un engagement de Londres dans le conflit

DIPLOMATIE Manifestants et manifestantes estiment que l’ancienne puissance coloniale ne facilite pas assez l’émigration de celles et ceux qui veulent quitter Hong Kong

20 Minutes avec AFP

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Manifestants et manifestantes veulent pouvoir obtenir plus facilement la nationalité britannique.
Manifestants et manifestantes veulent pouvoir obtenir plus facilement la nationalité britannique. — Vincent Yu/AP/SIPA

Des manifestants et des manifestantes prodémocratie se sont rassemblées dimanche aux abords du consulat du Royaume-Uni à Hong Kong pour demander à Londres d’en faire davantage pour protéger la population de son ancienne colonie, dénonçant à nouveau le recul des libertés dans le territoire. Des centaines de personnes ont chanté l’hymne britannique en brandissant l'« Union Jack » ainsi que la bannière de l’ancienne colonie hongkongaise.

Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et manifestations quasi quotidiennes pour demander des réformes démocratiques ou dénoncer une riposte policière jugée brutale par les contestataires. Conformément à la Déclaration sino-britannique de 1984 qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong est une région semi-autonome dirigée sous le principe « Un pays, deux systèmes », et jouit à ce titre de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047.

Une question de passeport

Mais les militants et militantes prodémocratie accusent Pékin de s’asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique sur le petit territoire et en refusant de lui accorder un véritable suffrage universel. Dimanche, nombre de protestataires accusaient Londres de ne pas demander suffisamment de comptes à Pékin. « La Déclaration commune sino-britannique est NULLE », pouvait-on lire sur une pancarte.

Plusieurs manifestants et manifestantes demandaient la possibilité pour les Hongkongais d’obtenir la nationalité britannique ou d’un autre pays du Commonwealth. Des centaines de milliers de Hongkongais et Hongkongaises ont obtenu avant ou après la rétrocession un passeport particulier émis par Londres et réservé aux « citoyens britanniques de l’étranger » («British National Overseas », BNO), un titre qui facilite les entrées au Royaume-Uni mais ne donne aucun droit de travail ou de résidence.

« Au moins, avec la citoyenneté pleine et entière, ils pourraient protéger les Hongkongais face au gouvernement chinois », a déclaré Anthony Chau, un manifestant titulaire d’un passeport BNO. Environ 130 parlementaires britanniques ont signé cette semaine une lettre ouverte appelant le Royaume-Uni et les pays du Commonwealth à accueillir les Hongkongais et Hongkongaises qui souhaiteraient émigrer.