Le travail décent expliqué par l'«ONU des syndicats»

INTERVIEW Travail décent: le pourquoi, le comment, le qui et le quoi...

Recueilli par Julien Ménielle

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A Marseille, de 3.000 (police) à 20.000 personnes (organisateurs) ont manifesté dans la matinée. "La seule façon de moraliser le capitalisme c'est d'y mettre fin", indiquait une banderole.
A Marseille, de 3.000 (police) à 20.000 personnes (organisateurs) ont manifesté dans la matinée. "La seule façon de moraliser le capitalisme c'est d'y mettre fin", indiquait une banderole. — Michel Gangne AFP
En marge de la Journée mondiale pour le travail décent, Mathieu Debroux, porte-parole des organisateurs de l’événement, explique le concept.

Un travail décent, c’est quoi?

C’est un travail qui répond à quatre exigences fondamentales en permettant :
- de se loger
- de se nourrir et de subvenir aux besoins de sa famille
- d’assurer ses besoins en matière de santé
- d’offrir une éducation valable à ses enfants
Bien évidemment, les impératifs ne sont pas les mêmes à Londres ou en Sierra Leone.

La journée pour le travail décent, pourquoi?
Notre volonté est de promouvoir la notion de travail décent autour des quatre axes que nous avons définis, pour sortir de la pauvreté. Nous espérons une prise de conscience commune, et développer la solidarité internationale des syndicats. Plus de 200 actions sont menées dans le monde entier. Elles ont débutées sur les îles Fidji et se termineront en Alaska. En Europe ou au Japon, la mobilisation a fonctionné. Des manifestations sont aussi prévues en Malaisie ou au Sri Lanka. Même en Australie et en Nouvelle Zélande, qui ne comptent qu’une seule organisation syndicale, des actions symboliques sont menées.

La journée pour le travail décent, c’est qui?

L’événement est organisé par la Confédération Syndicale Internationale (CSI), fondée en 2006. Nous sommes une sorte d’ONU des syndicats, avec des bureaux dans le monde entier, et un mode de fonctionnement identique. Nous avons d’ailleurs des relations étroites avec les Nations unies et avec l’Organisation internationale du travail (OIT). Nous exerçons des activités de promotion visant à la coopération internationale entre les syndicats, mais aussi du lobbying auprès de la banque mondiale ou du Fonds Mondial International (FMI). Nous voulons être positifs et collaborer avec les entreprises.

Et demain, il se passe quoi?

La CSI est engagée dans plusieurs domaines, notamment celui du travail des enfants, parce qu’un enfant qui travaille ne va pas à l’école, et devient un adulte qui ne travaille pas. Nous restons également mobilisés auprès du FMI et de la Banque mondiale pour obtenir des réponses efficaces face à l’aggravation des crises financière et alimentaire. Nous mènerons probablement d’autres actions mondiales à l’avenir.