Attentats à Christchurch : La Nouvelle-Zélande durcit encore son contrôle des armes à feu

PORT D'ARME Depuis le massacre du 15 mars, durant lequel un suprémaciste blanc avait ouvert le feu dans deux mosquées pendant la prière du vendredi, le pays a pris à bras-le-corps le problème du contrôle des armes à feu

20 Minutes avec AFP

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La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 15 mai 2019 à Paris (image d'illustration).
La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 15 mai 2019 à Paris (image d'illustration). — YOAN VALAT / POOL / AFP

La Nouvelle-Zélande a dévoilé ce vendredi une nouvelle législation visant à assurer que seules les personnes « aptes » puissent posséder une arme à feu, six mois après le carnage qui avait fait 51 morts dans deux mosquées de Christchurch.

« Posséder une arme à feu est un privilège et non pas un droit », a déclaré la Première ministre Jacinda Ardern, qui s’est rendue à Christchurch. « Cela signifie que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer que seuls les honnêtes citoyens qui respectent la loi peuvent obtenir des permis de port d’armes et utiliser des armes à feu. »

Peines de prison alourdies et registre exhaustif

Le massacre du 15 mars, durant lequel un suprémaciste blanc avait ouvert le feu dans deux mosquées pendant la prière du vendredi, avait été suivi d’un net durcissement des lois sur les armes. Le gouvernement avait interdit les armes semi-automatiques de type militaire (MSSA) comme celles utilisées par l’auteur du massacre. Mais il avait estimé que cela n’était pas assez.

La nouvelle loi prévoit la création d’un registre permettant de recenser les propriétaires de chaque arme qui circule légalement dans le pays. Le texte aggrave les peines de prison pour ceux qui fournissent des armes à des personnes n’ayant pas de permis, et encadre plus étroitement l’importation et la vente.

La police aura à déterminer si les personnes demandant un permis de port d’armes ont « l’honorabilité et les aptitudes requises » pour en avoir un. Elle pourra le refuser à quiconque fait l’apologie de l’extrémisme, a été condamné pour un crime violent ou a des antécédents de problèmes psychiatriques. Avoir fait une tentative de suicide pourra être un motif de refus. Le registre national, qui sera mis en place sur cinq ans, comportera des informations sur les 1,2 million d’armes qui se trouvent dans le pays, qui compte cinq millions d’habitants.