Italie : Giuseppe Conte et le gouvernement pro-Europe obtiennent la confiance des députés

POLITIQUE Le Premier ministre italien a promis lundi d'engager l'Italie dans une «nouvelle ère réformatrice»

20 Minutes avec AFP

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Giuseppe Conte
Giuseppe Conte — Insidefoto/Sipa USA/SIPA

Le nouveau gouvernement italien avait prêté serment il y a quelques jours. Il a remporté, ce lundi et avec une large majorité, le vote de confiance des députés. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, ainsi reconduit à son poste à la tête d’une nouvelle majorité entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (PD, centre gauche), a promis d’engager l'Italie dans une « nouvelle ère réformatrice », tout en réclamant un coup de pouce de l’Europe sur les règles budgétaires et l’immigration.

Le chef du gouvernement a présenté un « projet politique de grande ampleur » pour la législature censée durer jusqu’en 2023. Sur les 606 députés ayant voté, 343 ont accordé leur confiance à ce gouvernement proeuropéen, 263 l’ont refusée et trois se sont abstenus, selon le décompte officiel.

Conte demande de la modération et de la sobriété

Il a demandé à la classe politique et aux citoyens plus de modération dans le ton et « plus de sobriété notamment sur les réseaux sociaux » tout en réclamant à ses ministres de la « cohésion et de la loyauté ». La vie de la précédente coalition, unissant le M5S et la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, a été marquée par des disputes, des grossièretés et des polémiques quotidiennes.

Le programme de Giuseppe Conte, présenté comme un « pacte politique et social », reprend les grandes lignes de l’accord de majorité conclu entre M5S et PD et entend « faire renaître le pays sous le signe du développement, de l’innovation et de l’équité sociale ».

Relancer la croissance en Italie

Premier chantier : relancer la croissance d’un pays au bord de la récession, à travers un budget pour 2020 capable d’éviter une hausse automatique de la TVA, « dans un cadre économique international incertain ». Dans ce contexte, Giuseppe Conte a jugé qu’il fallait « améliorer le pacte de stabilité » de l’Union européenne, qui impose un déficit sous les 3 % du PIB et un endettement sous les 60 %. L’Italie est à peu près dans les clous pour le déficit annuel mais ploie sous une dette supérieure à 132 % du PIB. Des règles budgétaires trop rigides « risquent de réduire à néant les efforts importants accomplis pour relancer la croissance potentielle du pays », a argué le Premier ministre.

Au niveau européen, il a appelé à un « vrai projet commun » et proposé l’idée d’une « conférence sur l’avenir de l’Europe » afin que le continent redéfinisse son rôle « dans un monde en pleine transformation ».

« Plus de solidarité » européenne sur l’immigration

De l’Europe, Giuseppe Conte attend également « plus de solidarité » sur l’immigration avec « des initiatives concrètes » sur un dossier que l’Italie entend désormais « gérer de façon structurelle et plus dans l’urgence ». Pendant son discours, il a été interrompu par des députés des Frères d’Italie et de la Ligue aux cris de « élections, élections ».

Au même moment, devant le parlement, plusieurs centaines de militants de ces partis d’extrême droite manifestaient bruyamment en brandissant des drapeaux tricolores italiens et en faisant pour certains le salut fasciste. Matteo Salvini a fait une incursion de courte durée dans la manifestation, appelant à mener une « opposition sérieuse au milieu du peuple ».