Près de 600 Nigérians doivent être rapatriés d’Afrique du Sud après des violences xénophobes

VIOLENCES Ces départs font suite à la vague de violence xénophobe que connaît le pays et que le président Cyril Ramaphosa condamne fermement.

M.S. avec AFP

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Afrique du Sud: 10 personnes tuées dans des émeutes xénophobes — 20 Minutes

Quelque 600 Nigérians doivent être rapatriés après la vague de violences xénophobes en Afrique du Sud qui a fait 12 morts depuis la semaine dernière, a annoncé lundi le consul nigérian en poste à Johannesburg. « Ils sont environ 600 maintenant » à s’être présentés au consulat pour demander à être rapatriés au Nigeria, a indiqué Godwin Adamu. « La compagnie aérienne Air Peace commencera l’évacuation mercredi avec les 320 premiers », a-t-il ajouté.

Plus tôt ce lundi, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a réaffirmé qu’il ne tolérerait pas « l’anarchie et la violence » dans son pays au lendemain d’autres attaques xénophobes qui ont fait au moins deux morts à Johannesburg, selon un nouveau bilan de la police.

Douze personnes tuées, un centre-ville paralysé

Depuis maintenant une semaine, l’Afrique du Sud est secouée par une nouvelle vague d’attaques et de pillages dirigés contre les étrangers et leurs commerces qui s’est soldée par la mort d’au moins 12 personnes, la plupart de nationalité sud-africaine, plus de 600 arrestations et des dégâts considérables.

Après trois jours d’accalmie de nouveaux incidents ont éclaté dimanche dans plusieurs quartiers de Johannesburg, demandant l’intervention de la police. Au moins deux personnes ont été tuées pendant ces incidents, a affirmé un porte-parole de la police de la ville, Xolani Fihla. « La première est morte poignardée dans le centre-ville, la deuxième est décédée suite à des coups de feu », a ajouté Xolani Fihla. Le calme était revenu lundi à Johannesburg, quadrillée par d’importants effectifs policiers, bien que de nombreux magasins du centre-ville soient restés fermés.

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29 %) et la pauvreté qui frappent sa population. En 2008, 62 personnes avaient été tuées lors d’incidents similaires. Les émeutes des derniers jours ont causé émotion et colère dans toute l’Afrique. Dans certains pays comme le Nigeria, des manifestations ont visé en représailles les intérêts sud-africains.