Suède : Deux nouveaux témoins entendus dans l’enquête pour viol contre Julian Assange

WIKILEAKS Le fondateur de WikiLeaks a été interpellé par la police britannique le 11 avril dernier à l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’était réfugié

20 Minutes avec AFP

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Julian Assange, le 1er mai 2019, à Londres.
Julian Assange, le 1er mai 2019, à Londres. — Matt Dunham/AP/SIPA

Le récit de deux nouveaux témoins a été versé au dossier de l’affaire Julian Assange, a annoncé le parquet ce lundi. Le fondateur de WikiLeaks est poursuivi en Suède pour un viol présumé commis en 2010.

En tout, sept témoins ont été entendus durant l’été dans le cadre de cette enquête, a indiqué le parquet dans son communiqué. Parmi eux, « deux personnes n’avaient encore jamais été interrogées auparavant », a-t-il précisé. Une fois les conclusions des entretiens – en cours d’analyse – rendues, « l’enquête pourra être abandonnée ou je pourrai ordonner des actes complémentaires », a expliqué la procureure en charge de l’instruction, Eva-Marie Persson, citée dans le communiqué.

Un feuilleton judiciaire

La magistrate avait annoncé à la mi-mai la réouverture de l’enquête pour viol contre Julian Assange, 48 ans, après son interpellation par la police britannique à l’ambassade d’Equateur à Londres le 11 avril. « Si j’estime que la prochaine étape consiste à interroger Julian Assange, je rendrai une décision d’enquête européenne », un mécanisme de coopération entre Etats membres de l’Union européenne dans les enquêtes pénales, « auquel cas j’écrirai aux autorités britanniques pour leur demander de conduire un interrogatoire, » a-t-elle ajouté ce lundi.

La réouverture de l’enquête suédoise avait relancé un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d’une décennie, pendant laquelle le fondateur de WikiLeaks – qui a publié des centaines de milliers de documents confidentiels – et ses soutiens n’auront eu de cesse de dénoncer une manœuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis, qui l’accusent d’espionnage.

Des poursuites abandonnées en mai 2017

C’est officiellement pour éviter cette extradition que l’Australien s’était réfugié en 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l’enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017.

Agée d’une trentaine d’années à l’époque des faits en août 2010, la plaignante suédoise accuse l’Australien d’avoir engagé un rapport sexuel pendant qu’elle dormait et sans préservatif, alors qu’elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. De son côté, Julian Assange a toujours nié les faits de viol, et soutient qu’elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. Les faits, passibles de quatre ans de prison, seront prescrits le 17 août 2020.