Canada : La ministre de l’Environnement sous protection policière à cause d’insultes et de menaces

CLIMAT Depuis qu’elle a signé l’accord de Paris sur le climat, s’engageant à réduire les émissions de CO2 du Canada, la ministre est la cible d’insultes et de menaces

20 Minutes avec agences

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La ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna.
La ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna. — Andrew Vaughan/AP/SIPA

Catherine McKenna, la ministre canadienne de l’Environnement, a annoncé ce samedi qu’elle bénéficiait ponctuellement d’une protection policière. Cette mesure, rare au Canada, fait suite à une vague d’insultes et de menaces dont elle a été la cible.

« Le sexisme bruyant et les commentaires haineux visant les gens qui travaillent sur le changement climatique sont inacceptables », a déploré la ministre, insultée et menacée sur les réseaux sociaux et dans la rue, dans une déclaration. Elle a notamment raconté qu’un individu l’avait copieusement insultée depuis la fenêtre de sa voiture alors qu’elle se trouvait devant un cinéma avec ses enfants.

« Barbie climatique »

Catherine McKenna a eu la responsabilité de fixer l’objectif de 30 % de réduction des émissions de CO2 en 2030 par rapport à 2005 en signant l’accord de Paris sur le climat en 2015. Cet engagement lui a valu de nombreux surnoms insultants, comme « Barbie climatique », « ordure » ou « ennemie du peuple ».

Au Canada, il est très rare que des responsables politiques bénéficient d’une protection policière. On peut tout à fait croiser le ministre des Affaires étrangères à vélo à Ottawa ou le ministre des Finances faisant la queue dans une épicerie.

Polarisation politique autour du climat

La lutte contre le réchauffement climatique est un des thèmes majeurs pour les prochaines élections générales au Canada, qui auront lieu en octobre. Les deux principaux partis politiques soutiennent des positions diamétralement opposées sur le sujet, sur fond de polarisation croissante de la vie politique.

Le Premier ministre libéral Justin Trudeau, qui brigue un deuxième mandat, se présente comme un champion en la matière. En face, son principal rival, le conservateur Andrew Scheer, a promis de supprimer la taxe carbone immédiatement s’il est élu.