Turquie : Une dirigeante du principal parti d’opposition condamnée à dix ans de prison

JUSTICE POLITIQUE Ce sont surtout des tweets datant d’il y a plusieurs années qui étaient visés, notamment pour insulte au chef de l’Etat

20 Minutes avec AFP

— 

Le drapeau trurc.
Le drapeau trurc. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

La responsable à Istanbul du principal parti d’opposition au président turc Recep Tayyip Erdogan a été condamnée vendredi à près de dix ans de prison. Canan Kaftancioglu, responsable du CHP (social-démocrate) pour la province d’Istanbul, a été condamnée pour cinq chefs d’accusation différents, basés principalement sur des tweets postés il y a plusieurs années : « propagande terroriste », « insulte au chef de l’Etat », « insulte à un fonctionnaire », « insulte à la République turque » et « incitation à la haine ».

La responsable politique, dont le procès était très suivi en Turquie et à l’étranger, risquait jusqu’à dix-sept ans de prison. Comme chaque peine de prison, prise individuellement, est inférieure à cinq ans, Canan Kaftancioglu ne sera pas emprisonnée dans l’attente de son procès en appel qui devrait intervenir d’ici six mois, selon la responsable du CHP.

Une suite de l’élection municipale à Istambul

Tout au long de l’affaire, elle a dénoncé un « procès politique » visant, selon elle et ses partisans, à la punir pour son rôle dans la victoire du candidat de l’opposition lors des municipales à Istanbul.

Canan Kaftancioglu est en effet présentée comme l’architecte des campagnes victorieuses d’Ekrem Imamoglu, qui a battu le candidat de Recep Tayyip Erdogan à Istanbul en mars, puis en juin après l’annulation du premier scrutin dans des conditions controversées. Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées vendredi matin devant le tribunal d’Istanbul pour lui apporter leur soutien.