Amazonie : L’Unesco veut mieux protéger les biens communs de l’humanité

PROTECTION Les appels se multiplient pour créer des « espaces vitaux » de la planète qui seraient gérés en commun

20 Minutes avec AFP

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Amazonie, illustration
Amazonie, illustration — AFP

Alors qu’un sommet sur l’Amazonie vient de commencer, l’Unesco a appelé à « renforcer les outils », comme la Convention du patrimoine mondial, visant à protéger des biens communs de l’humanité, a déclaré Audrey Azoulay, la directrice générale de l’institution, ce vendredi.

« Les outils existent, la Convention du patrimoine mondial ou bien le réseau des zones de biosphère de l’Unesco sont des exemples et permettent de concilier le respect de la souveraineté et la gestion coopérative de biens communs », a déclaré Audrey Azoulay, tandis que se multiplient les appels pour créer des « espaces vitaux » de la planète qui seraient gérés en commun.

Un sommet pour conserver et protéger l’Amazonie

« Il faut renforcer ces outils, pousser davantage d’États à les ratifier, accroître et augmenter les surfaces protégées, renforcer les moyens de suivi et de mise en œuvre. C’est à travers eux, en s’y investissant plus et mieux, que nous trouverons des solutions de long terme », a ajouté la directrice. Six pays sud-américains doivent lancer vendredi lors d’un sommet en Colombie un appel à la communauté internationale pour conserver et protéger l’Amazonie, première forêt tropicale au monde.

Essentielle à l’équilibre climatique, elle est dévastée par des incendies et la déforestation. « La notion de biens communs dont la transmission aux générations futures concerne le monde entier est à l’origine même de la Convention du patrimoine mondial de l’Unesco depuis les années 1970 et s’illustre dans des lieux comme l’Amazonie mais aussi la barrière de corail, la forêt tropicale africaine ou le patrimoine marin », a ajouté Audrey Azoulay.

Six millions d’hectares de la forêt amazonienne inscrits au patrimoine mondiale de l’Unesco

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture fait valoir qu’elle a « considérablement » élevé le niveau de protection des espaces naturels et culturels depuis « 50 ou 100 ans », par l’intermédiaire de la liste du patrimoine mondial et du programme de l’Unesco sur l’homme et la biosphère (MAB), précise Guy Debonnet, spécialiste du programme nature et tourisme durable.

Il y a actuellement 12 réserves de biosphère en Amazonie et six millions d’hectares de la forêt amazonienne, soit 1 % de la surface totale, sont inscrits au patrimoine mondial. « Pour le moment, aucun de ces sites n’a été touché et nous restons extrêmement vigilants », assure Mechtild Rossler, directrice du Centre du patrimoine mondial.

L’Unesco « ne peut pas se substituer à la responsabilité de l’État souverain »

« L’Unesco est là pour aider, soutenir, orienter, mais ne peut pas se substituer à la responsabilité de l’État souverain », rappelle Mechtild Rossler. Cependant, « les mécanismes peuvent toujours être améliorés », reconnaît Miguel Clusener-Godt, directeur de la division des sciences environnementales.

« Mais il faut réfléchir sur le long terme. Nous travaillons à un projet qui permettra de diffuser les bonnes pratiques locales durables qui pourraient fournir aux habitants de l’Amazonie des revenus alternatifs à l’élevage extensif du bétail, à l’exploitation minière ou à l’extraction du bois », explique-t-il.