Brésil : « Je l’ai trouvé très fort »… Jean-Luc Mélenchon a rendu visite au prisonnier Lula

DERRIERE LES BARREAUX Luiz Inacio Lula da Silva purge une peine de huit ans et dix mois de prison pour corruption

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon lors de sa visite en prison le 5 septembre 2019 à l'ancien président brésilien Lula à Curitiba au Brésil.
Jean-Luc Mélenchon lors de sa visite en prison le 5 septembre 2019 à l'ancien président brésilien Lula à Curitiba au Brésil. — HEDESON ALVES/EFE/SIPA

C’est le prisonnier le plus célèbre du Brésil, et une vieille connaissance de Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file de La France Insoumise, a rendu visite jeudi à l'ex-président brésilien Lula, emprisonné pour corruption. L’ancien candidat à la présidentielle raconte y avoir « puisé de l’énergie ».

Le député français a effectué une tournée qui l’a mené du Mexique à l’Amérique du Sud (Uruguay, Argentine) où il a rencontré des responsables politiques de gauche avant d’arriver au Brésil. Il est le premier responsable politique national français à rendre visite en prison à Lula, avec lequel il entretient une relation personnelle ancienne.

Neuf kilomètres par jour sur un tapis

Ils se sont vus dans les locaux de la police fédérale à Curitiba (sud) où Lula est détenu depuis avril 2018. « Je ressors, après avoir puisé de l’énergie auprès de lui », a-t-il dit à quelques journalistes, « je le retrouve avec la même force de caractère. Soyez tous des Lula ! ». « Je l’ai trouvé très fort, à tous points de vue », a ajouté Jean-Luc Mélenchon précisant que Lula, à 73 ans, « faisait neuf km tous les jours en courant » sur un tapis de course.

« Il nous a appelés à la résistance », a-t-il ajouté, expliquant qu'« une bonne partie de [la] discussion a [vait] porté sur l’utilisation de la justice dans les procès politiques », le « lawfare ». Jean-Luc Mélenchon en a d’ailleurs profité pour dresser un parallèle entre le cas Lula et ses propres déboires judiciaires : il doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de la LFI en octobre 2018. « Je serai moi-même en procès politique à la fin septembre », a ajouté le député insoumis, « ce sera un moment très triste pour mon pays parce qu’il n’y avait pas eu de procès politique en France depuis la période de la guerre d’Algérie ».

Une deuxième affaire de corruption attend Lula

« C’est la même méthode (que la condamnation de Lula), peut-être que ce ne sera pas les mêmes conclusions, je n’en sais rien », mais « les mêmes incriminations sans preuves et violations des droits de la défense ». Lula est « condamné pour des faits indéterminés », a-t-il dit. « Il n’y a pas de limite à l’utilisation de la justice dans les procès politiques. Même Staline faisait mieux, il essayait d’avoir des aveux. Là il n’y en a même pas ». « Nous sommes déterminés à ne plus nous laisser faire, chacun dans notre pays, à nous unir, à mettre en relation nos groupes d’avocats (…) pour nous entraider (…) dans les procès politiques que nous subissons », a ajouté le député des Bouches-du-Rhône.

Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010, purge une peine de huit ans et dix mois. Condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d’un groupe de BTP en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics, Lula n’a cessé de clamer son innocence, se disant victime d’un complot pour l’empêcher de revenir au pouvoir.

Il était le grand favori de la présidentielle d’octobre 2018, mais a été déclaré inéligible quelques semaines avant le scrutin, qui a vu l’élection du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro. En juin, le site d’investigation The Intercept Brasil a publié des échanges de messages qui mettent en doute l’impartialité des procureurs chargés du dossier Lula et du juge Sergio Moro qui l’a condamné en première instance. La Cour suprême brésilienne doit se pencher prochainement sur une demande de libération de Lula basée sur la partialité présumée de Sergio Moro mais aussi sur des questions de procédure. Toutefois Lula pourrait être aussi condamné dans le cadre d’une deuxième affaire de corruption, parmi la demi-douzaine dans lesquelles il est mis en cause.