Italie : Le gouvernement pro-européen a prêté serment

POLITIQUE Le nouveau gouvernement, censé rester en place jusqu’à la fin de la législature en 2023, doit encore passer le cap d’un vote de confiance au parlement italien

20 Minutes avec AFP

— 

Le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte a prêté serment, ce jeudi, pour l'investiture d'un exécutif qui s'appuie sur une majorité pro-européenne et penchant à gauche.
Le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte a prêté serment, ce jeudi, pour l'investiture d'un exécutif qui s'appuie sur une majorité pro-européenne et penchant à gauche. — Filippo MONTEFORTE / AFP

Giuseppe Conte et ses ministres ont prêté serment, ce jeudi en Italie, pour l’investiture d’un exécutif qui s’appuie sur une majorité pro-européenne et penchant à gauche.

L’ancien homme fort du gouvernement populiste, Matteo Salvini, a dénoncé, ce jeudi sur la radio Rai1, de présumées manœuvres européennes, affirmant qu’il s’agit « du premier gouvernement italien qui naît à Bruxelles ».

Un exécutif bien plus pro-européen que le précédent

Le Premier ministre qui reste en fonction, les dix ministres provenant de l’inclassable Mouvement 5 Etoiles (M5S), les neuf du Parti démocrate (PD, première force de gauche), ainsi qu’un venant de Libres et Egaux (LEU, gauche) et la ministre de l’Intérieur sans étiquette, ont prononcé la formule traditionnelle, jurant d’être fidèles à la République, la Constitution et aux lois.

Le nouveau gouvernement, censé rester en place jusqu’à la fin de la législature en 2023, doit encore passer le cap d’un vote de confiance au parlement italien. Cet exécutif est bien plus pro-européen que le précédent où Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême-droite) avait acquis un poids prépondérant, entraînant de fortes tensions, en particulier sur la question de l’immigration, avec Bruxelles ainsi que Paris et Berlin.

« Etre à la hauteur de ses responsabilités de pays fondateur de l’UE »

Pendant ses 14 mois au ministère de l’Intérieur, il a critiqué ses partenaires de l’Union européenne (UE), les accusant de vouloir transformer l’Italie en « camp de réfugiés » et d’un manque de solidarité dans la gestion des migrants. Sur les sujets économiques, à côté d’un Matteo Salvini très « pro-business », c’est le courant eurosceptique du M5S, formation bâtie sur le rejet de la vieille classe politique, qui s’opposait à des projets européens comme la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

Dans une lettre à Giuseppe Conte, le président de la Commission européenne sortant, Jean-Claude Juncker s’est dit « certain que sous (son) leadership, l’Italie saura jouer un rôle de premier plan et être à la hauteur de ses responsabilités de pays fondateur de l’UE ».

Une faible majorité

Après avoir prêté serment, les 21 ministres, dont 7 femmes, se sont rendus au siège du gouvernement pour participer à un premier conseil des ministres, sous la houlette de Giuseppe Conte. Ce dernier, un juriste de 55 ans, novice en politique jusqu’à l’an passé et considéré comme proche du M5S, s’est attaché à constituer une équipe respectant l’équilibre entre deux forces politiques, qui s’étaient jusqu’ici toujours combattues.

Il va devoir préparer un discours de politique générale qu’il prononcera lundi à la Chambre des députés avant un vote de confiance qui ne devrait pas poser de problèmes, avec plus de 340 députés sur 630, appartenant aux partis de la majorité gouvernementale. Selon des projections, la situation est un peu moins confortable au Sénat où la nouvelle coalition disposerait de seulement 167 élus sur 315, une majorité étroite de seulement 9 sièges.