Brésil : Bolsonaro fait l'apologie de Pinochet face à Michelle Bachelet, personnellement touchée par la dictature

INDECENCE Alberto Bachelet, le père de l’ex-présidente du Chili, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé

20 Minutes avec AFP

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Jair Bolsonaro, le président brésilien, le 29 août 2019 à Brazilia.
Jair Bolsonaro, le président brésilien, le 29 août 2019 à Brazilia. — EVARISTO SA / AFP

Après avoir taclé Emmanuel Macron, le président brésilien s’attaque à Michelle Bachelet.  Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique ce mercredi en faisant l’apologie du régime Pinochet face à l’ex-présidente du Chili, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, qui a été personnellement marquée par la dictature : son père est mort dans les prisons de la dictature.

Jair Bolsonaro a dénoncé ce mercredi « l’ingérence, dans la ligne Macron », de l’ONU « dans les affaires intérieures et la souveraineté » du Brésil, après que Michelle Bachelet a déploré un « rétrécissement de l’espace démocratique » au Brésil sous sa présidence d’extrême droite. Jair Bolsonaro a accusé sur Twitter Michelle Bachelet de défendre « les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires » alors qu’elle s’était inquiétée des exécutions extrajudiciaires par les forces de l’ordre.

Son père mort en prison

Jair Bolsonaro a ensuite attaqué personnellement l’ex-cheffe d’Etat sur Facebook. « Elle oublie que le Chili n’est pas devenu un [nouveau] Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père », a écrit le président, apologue assumé par ailleurs de la dictature au Brésil. Le père de Michelle Bachelet, Alberto Bachelet, un général d’aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d’Etat d’Augusto Pinochet.

Les remarques sur Pinochet ont choqué au Chili où le président Sebastian Pinera a indiqué, dans une déclaration publique : « Je n’adhère en aucun cas à l’allusion faite par le président Bolsonaro concernant une ex-présidente du Chili, et en particulier sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père. »

D’autant plus que Jair Bolsonaro a poursuivi ses attaques personnelles. « Quand les gens n’ont plus rien à faire, ils vont occuper un siège aux Droits de l’homme à l’ONU », a-t-il ironisé devant la presse à propos de l’ex-présidente, qui a quitté le pouvoir en 2018.

Favelas et démocratie

A l’origine de ces attaques, des prises de position de Michelle Bachelet sur le régime Bolsonaro : « Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l’espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l’homme, des restrictions imposées au travail de la société civile », avait déclaré l’ex-présidente à Genève. Elle avait également fait état d’une « augmentation » du nombre des personnes tuées par des policiers au Brésil, soulignant que cette violence touchait surtout les Afro-Brésiliens et les habitants des favelas.

Michelle Bachelet avait aussi évoqué devant la presse l’Amazonie, touchée par des milliers d’incendies volontaires destinés à faire place nette aux cultures et à l’élevage bovin. Ces attaques interviennent trois semaines avant que Jair Bolsonaro ne prononce le premier discours de l’assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre à New York.

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