Boris Johnson, le 28 août 2018 à Biarritz.
Boris Johnson, le 28 août 2018 à Biarritz. — LUDOVIC MARIN / AFP

DEBATS

Brexit : Boris Johnson ne fera pas obstruction au texte des députés qui reporte la sortie de l'UE

Le Premier ministre Boris Johnson sort très affaibli de trois journées intenses de discussions au Parlement

Sa réaction était très attendue. Ce jeudi matin, Boris Johnson s’est engagé à ne pas faire obstruction  au texte voté par les députés demandant un report du Brexit.

Le gouvernement Johnson s’est « engagé » à laisser ce texte « suivre toutes les étapes en cours » à la Chambre des Lords (chambre haute du Parlement) jeudi et vendredi, « le texte retournant ensuite lundi à la Chambre des Communes pour d’éventuelles autres considérations », a tweeté le groupe parlementaire du Parti travailliste, principale formation d’opposition.

Les élections anticipées refusées par l’opposition

L’opposition redoutait que les alliés de Boris Johnson tentent de ralentir l’avancée du texte, en faisant traîner les débats. Or, le temps pressait depuis la décision surprise du Premier ministre de suspendre le Parlement jusqu’à la mi-octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit, laissant peu de marge aux anti- « no deal » pour légiférer afin d’empêcher un tel scénario.

Toute demande de report devra encore être approuvée à l’unanimité des 27 autres Etats membres de l’Union européenne. Déterminé à faire sortir le Royaume-Uni de l’UE à la date prévue du 31 octobre, accord ou non avec l’Union européenne, mais voyant sa stratégie dérailler, Boris Johnson avait présenté mercredi soir une motion appelant à des élections législatives anticipées le 15 octobre.

Il espérait ainsi obtenir une nouvelle majorité, plus solide, et avoir les coudées franches avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens programmé les 17 et 18 octobre à Bruxelles. Mais la motion gouvernementale n’a obtenu que 298 voix, soit moins que la majorité des deux tiers de la Chambre des communes nécessaire pour être adoptée, les élus de l’opposition travailliste s’étant abstenus. Un troisième revers cinglant en 24 heures pour un Boris Johnson furieux.

Soutien d’outre-Atlantique

Jeremy Corbyn, le dirigeant du Labour, « entrera dans l’histoire démocratique de notre pays comme le premier chef de l’opposition à refuser de participer à une élection », a ironisé Boris Johnson lors de vifs échanges à la chambre basse. Tout en se disant prête à affronter le verdict des urnes, l’opposition travailliste veut d’abord s’assurer que la proposition de loi anti- « no deal » sera adoptée, et donc le risque d’un divorce brutal avec l’UE écarté. Le Labour pourrait toutefois déclencher ultérieurement une motion de censure pour renverser le gouvernement Johnson.

Le Premier ministre, qui ne « compte pas démissionner » selon un porte-parole de Downing Street, a sans surprise reçu le soutien de son allié le président américain Donald Trump. « Il sait comment gagner. Ne vous inquiétez pas, ça va aller », a déclaré mercredi soir Donald Trump depuis le bureau ovale.