Nissan: Hiroto Saikawa, patron exécutif de l'entreprise, admet avoir été trop payé

JAPON Celui qui a succédé à Carlos Ghosn en 2017 a présenté ses excuses « pour le trouble causé », affirmant qu’il avait l’intention de restituer les émoluments indûment perçus

20 Minutes avec AFP

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Hiroto Saikawa, président de Nissan, au siège de la société à Yokohama, près de Tokyo, le 25 juillet 2019.
Hiroto Saikawa, président de Nissan, au siège de la société à Yokohama, près de Tokyo, le 25 juillet 2019. — EPN/Newscom/SIPA

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a reconnu jeudi avoir reçu une rémunération excédant ce à quoi il avait droit, ont rapporté les médias japonais. « J’ai reçu une rétribution sous une forme qui ne correspond pas aux règles en vigueur. Je pensais que cela résultait de procédures correctes », a-t-il déclaré brièvement à des journalistes, selon des propos rapportés par l’agence de presse Jiji.

Hiroto Saikawa, qui a pris la direction exécutive du constructeur automobile en 2017, succédant alors à Carlos Ghosn (resté ensuite président de Nissan jusqu’à son éviction en novembre dernier), a présenté ses excuses « pour le trouble causé », affirmant qu’il avait l’intention de restituer les émoluments indûment perçus.

Dossier embarrassant

Cet aveu intervient après que des articles de presse ont fait état de résultats d’investigations internes à Nissan sur ces possibles rétributions excédentaires, liées au cours des actions Nissan dont auraient bénéficié Hiroto Saikawa et d’autres dirigeants. Ce dossier embarrassant sera au menu d’un conseil d’administration de Nissan prévu plus tard ce mois-ci, selon les médias.

Cependant, le groupe estime que ce cas n’enfreint pas la loi, a expliqué l’agence de presse Kyodo, citant des sources anonymes. Les trop-payés ont été effectués dans le cadre d’un mécanisme connu sous le nom « stock appreciation rights » (SAR), en vertu duquel les dirigeants peuvent recevoir en numéraire une prime correspondant à la plus-value liée à l’augmentation de l’action du groupe au cours d’une période définie.

Saikawa reconduit, malgré le désaveu de certains actionnaires

Nissan est en pleine refonte de son système de gouvernance dont les défaillances ont été mises au grand jour après l’arrestation de Carlos Ghosn, inculpé au Japon pour malversations financières que les procédures de contrôle internes n’ont pas empêchées. Libéré sous caution, l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan prépare actuellement son procès qui n’aura pas lieu avant l’an prochain.

En juin, les actionnaires de Nissan ont voté en faveur de diverses mesures, notamment la création de trois nouveaux comités de surveillance chargés de la nomination des dirigeants, des questions de rémunération et de l’audit. Hiroto Saikawa a alors été reconduit dans ses fonctions, malgré le désaveu de certains actionnaires.