BCE : Christine Lagarde auditionnée par les députés européens ce mercredi

GRAND ORAL L’ancienne cheffe du FMI, qui doit prendre la tête de la BCE en décembre, doit faire face à un vote consultatif des élus et élues au Parlement européen

20 Minutes avec AFP

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Christine Lagarde est la candidate du Conseil européen pour prendre la tête de la BCE.
Christine Lagarde est la candidate du Conseil européen pour prendre la tête de la BCE. — Jens Meyer/AP/SIPA

La future présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, novice de la politique monétaire au profil inédit, passe son premier test public mercredi devant le Parlement européen, dans une période économique troublée. Les députés et députées ont prévu d’entendre à partir de 10h30 et pendant deux heures et demie l’actuelle directrice du Fonds monétaire international (FMI), alors que son mandat de huit ans à la tête de la BCE doit démarrer le 1er novembre.

Si leur vote dans la soirée sera consultatif, sans pouvoir de blocage, les parlementaires devraient cuisiner la Française sur son parcours d’avocate d’affaires entrée en politique puis marquée par une série de crises financières depuis 2008. Après avoir dirigé le cabinet américain Baker McKenzie jusqu’en 2005, elle a été nommée par Nicolas Sarkozy au ministère du Commerce extérieur puis des Finances jusqu’en 2011, avant de prendre les rênes du FMI ces huit dernières années.

Sans expérience monétaire

Le tout sans avoir jamais œuvré au sein d’une banque centrale, à la différence de ses prédécesseurs et des principaux candidats évoqués pour ce poste. Lors de l’audience du jour, la dirigeante devra donc « démontrer de manière convaincante qu’elle possède l’expertise monétaire nécessaire », souligne l’eurodéputé conservateur allemand Markus Ferber. Son compatriote chez les Verts, Sven Giegold, dit lui avoir « de la sympathie » pour « le fait qu’une femme occupe cette position politique importante », déclare-t-il, même si les parlementaires doivent « rester critiques ».

Agée de 63 ans, la Française aura la tâche difficile de succéder à l’Italien Mario Draghi, qui a marqué l’institut francfortois en forgeant quantité d’outils pour tour à tour sauvegarder la monnaie unique et soutenir l’économie de la région. Aussi, l’intention affichée par Christine Lagarde de « trouver le consensus » au sein du conseil des gouverneurs de l’institution sera vite mise à l’épreuve. Cette instance forte de vingt-cinq membres apparaît divisée sur l’attitude à tenir face à une économie au ralenti en zone euro.

Pour l’ancienne ministre française, dans un document remis jeudi dernier au Parlement, Mario Draghi a raison de vouloir maintenir un cap monétaire généreux, même si la BCE échoue depuis des années à atteindre son objectif d’inflation légèrement inférieur à 2 %. Elle assure cependant vouloir veiller aux « implications » de la politique monétaire « pour le secteur bancaire », dont les taux bas plombent la rentabilité, et pour « la stabilité financière en général ».