Tunisie : Les autorités annoncent avoir tué trois hauts cadres d’Aqmi

TERRORISME Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir participé à une attaque qui avait coûté la vie à six policiers près de Jendouba, en juillet 2018

20 Minutes avec AFP

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Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018.
Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018. — Riadh Dridi/AP/SIPA

Le ministère de l’Intérieur tunisien a annoncé avoir tué, ce lundi dans le centre-ouest du pays, à la frontière algérienne, trois djihadistes Algériens, cadres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), recherchés de longue date.

L’un des trois hommes, surnommé Abou Salma, a été identifié par les autorités comme El Behi Akrouf, un quinquagénaire qui serait un grand dirigeant de la Phalange Okba ibn Nafaa, la branche d’Aqmi en Tunisie.

Trois hommes « parmi les dirigeants les plus dangereux de leur groupe »

Les deux autres hommes ont été identifiés par la même source comme Tahar Jijli, dans le maquis algérien puis tunisien depuis les années 1990, et El Mahi, quadragénaire. Ils étaient respectivement responsables du groupe pour les régions du Kef et de Jendouba (nord-ouest), et agissaient également en coordination directe avec Aqmi, selon la Garde nationale tunisienne. Cette opération est intervenue au premier jour de la campagne pour l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre.

« Il s’agit d’une opération préventive en coordination avec l’armée », a souligné le porte-parole de la Garde nationale, Housemeddine Jebabli, soulignant que les trois hommes sont « parmi les dirigeants les plus dangereux de leur groupe ». Ils sont soupçonnés d’avoir participé à une attaque qui avait coûté la vie à six policiers près de Jendouba en juillet 2018, selon le porte-parole du ministère Khaled Ayouni. Cette opération djihadiste, la plus sanglante depuis la série d’attaques de 2015 et début 2016, avait été revendiquée par Aqmi.

La Tunisie toujours en état d’urgence

Les combats près de Haïdra, une zone montagneuse de la région de Kasserine, ont également coûté la vie à un jeune cadre de la Garde nationale. La Tunisie a été confrontée après sa révolution en 2011 à un essor de la mouvance djihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de civils et de touristes étrangers. Même si la situation sécuritaire s’est nettement améliorée, le pays reste sous état d’urgence, renouvelé récemment jusqu’au 31 décembre, depuis l’attentat suicide commis en plein Tunis contre la sécurité présidentielle en novembre 2015.

Les massifs montagneux frontaliers dans la région de Kasserine restent un repaire pour des groupes djihadistes, dont Jund al-Khilafa (« Les soldats du califat »), affilié à l’organisation Etat islamique (EI), et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Des opérations de ratissage sont régulièrement menées par les forces de l’ordre dans ces zones.