Crise à Hong Kong : Piégée par un enregistrement audio, la cheffe de l’exécutif dément vouloir démissionner

CRISE Un enregistrement audio dans lequel elle dit son intention de s'excuser et de démissionner a fuité dans la presse

20 Minutes avec AFP

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Carrie Lam, le 3 septembre 2019 à Hong Kong.
Carrie Lam, le 3 septembre 2019 à Hong Kong. — Anthony WALLACE / AFP

La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam sur le départ ? Non, a-t-elle affirmé ce mardi, assurant qu’elle n’avait aucune intention de démissionner. Une déclaration qui contredit un enregistrement audio dans lequel elle dit vouloir quitter son poste face à la crise que traverse Hong Kong.

L’ex-colonie britannique traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. « Je me suis dit plusieurs fois ces trois derniers mois que mon équipe et moi devions rester pour aider Hong Kong », a déclaré mardi matin Carrie Lam lors d’une conférence de presse.

Lettre de démission et profondes excuses

Elle a ajouté n’avoir « même pas envisagé » discuter de sa démission avec le gouvernement chinois. Pékin a la souveraineté sur un territoire hongkongais néanmoins doté d’une grande autonomie qui lui est garantie en théorie jusqu’en 2047 en vertu du principe « Un pays, deux systèmes ». Elle s’exprimait après la diffusion par l’agence Reuters d’un enregistrement audio où on l’entend la semaine dernière dire qu’elle démissionnerait si elle le pouvait. « En tant que cheffe de l’exécutif, avoir créé un tel chaos est impardonnable », dit Carrie Lam lors d’une rencontre privée avec des dirigeants d’entreprises, selon cet enregistrement.

« Si j’ai le choix », dit-elle en anglais dans l’enregistrement, « la première chose est de démissionner, en ayant présenté de profondes excuses. » Dans cet enregistrement, la cheffe de l’exécutif explique cependant n’avoir qu’une marge de manœuvre « très limitée » pour résoudre la crise, qui est devenue une affaire de sécurité nationale et de souveraineté pour le gouvernement central.

Jets de briques et cocktails Molotov

Lors de la conférence de presse, Carrie Lam a jugé « inacceptable » la fuite de l’enregistrement, et rejeté les accusations selon lesquelles elle aurait en fait été orchestrée par elle ou son gouvernement. « Le conflit selon lequel je voudrais démissionner mais ne le pourrais pas n’existe pas », a-t-elle affirmé. Dans la foulée, le gouvernement chinois a assuré ce mardi son soutien à Carrie Lam. « Nous soutenons fermement la cheffe de l’exécutif de Hong Kong Carrie Lam à la tête du gouvernement de la région administrative spéciale », a assuré devant la presse le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du gouvernement chinois, Yang Guang.

Hong Kong est depuis trois mois le théâtre d’actions quasi quotidiennes, qui ont parfois dégénéré en heurts entre forces de l’ordre et radicaux. Les manifestations de ce week-end ont d’ailleurs été parmi les plus violentes depuis juin, avec des jets de briques et de cocktails Molotov par des protestataires contre la police, qui a riposté en faisant un usage massif des gaz lacrymogènes, des canons à eau, et en chargeant les manifestants jusque dans les rames du métro.

Plus de 1.100 manifestants ont été arrêtés depuis le début de la mobilisation, y compris des figures du combat prodémocratie et des députés la semaine dernière.