Arabie Saoudite : Non, la militante saoudienne Israa al-Ghomgham n’a pas été exécutée

FAKE OFF La rumeur de son exécution a circulé ce week-end. La militante des droits humains, toujours emprisonnée, ne risque plus la peine de mort, mais des peines de prison et des amendes

Mathilde Cousin

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Des Saoudiennes participent à un festival, le 22 août 2019.
Des Saoudiennes participent à un festival, le 22 août 2019. — Amr Nabil/AP/SIPA
  • Israa al-Ghomgham, une Saoudienne militante des droits humains, est emprisonnée depuis 2015.
  • Dans un premier temps, le procureur avait requis la peine de mort contre elle.
  • Ce week-end, la rumeur de son exécution s’est répandue.
  • Deux sources confirment auprès de 20 Minutes que la jeune femme n’a pas été exécutée. Le procès est toujours en cours.

Nouvelle confusion autour du sort d’une militante saoudienne. « L' Arabie saoudite  décapite aujourd’hui en public Esra Al-Ghamgam, féministe et défenseur des droits de l’homme. Silence total dans les médias de l’Occident car il se nourrit du pétrole de la dictature saoudienne. Le système n’aime pas être contredit », expliquait à tort un internaute samedi sur Facebook. L’allégation a également circulé sur Twitter.

FAKE OFF

« C’est faux, explique à 20 Minutes Rothna Begum, chercheuse pour l’organisation Human Rights Watch. La peine de mort a été enlevée de l’acte d’accusation. »

Ce que confirme également Ali Abudisi, directeur de l’Organisation européenne et saoudienne pour les droits de l’homme, l’ESOHR, implantée à Berlin. « Le procureur ne demande plus la peine de mort, mais des peines d’emprisonnement et des amendes », détaille-t-il auprès de 20 Minutes. Ce n’est pas la première fois que l’exécution d’Israa al-Ghomghma est annoncée à tort : la rumeur avait déjà circulé en août 2018.

La peine de mort, toujours une menace pour quatre autres coaccusés

Israa al-Ghomgham est en prison depuis 2015. Cette Saoudienne, membre de la minorité chiite et militante en faveur des droits humains, avait pris part à des manifestations pacifiques en 2011. Son mari a également été arrêté.

La Saoudienne risque notamment jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 12.000 euros en vertu de l’article 8 de la loi contre les faux, et cinq de prison et 722.000 euros d’amende selon l’article 6 de la loi contre le cyber-crime. Son mari et trois autres accusés sont eux toujours menacés de la peine de mort.

Aucune transparence sur le déroulement du procès

Il n’y a aucune transparence sur le déroulement du procès, ajoute Ali Abudisi. Israa al-Ghongham devrait de nouveau être entendue par la cour en septembre. Il est tout aussi difficile d’avoir des nouvelles de l’état de santé de la jeune femme. « La situation générale dans cette prison est mauvaise », souligne le directeur de l’ESOHR.

139 personnes ont été exécutées en Arabie Saoudite en 2019, selon Human Rights Watch. Depuis le début de l’année, trois  femmes, toutes étrangères, ont été exécutées.

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