Afghanistan : Etats-Unis et talibans seraient très proches d’un accord

GUERRE Mais pour le moment, le Département d’Etat américain ne confirme rien

20 Minutes avec AFP

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Des affrontements ont encore eu lieu, fin août, entre Talibans et forces afghanes dans le nord u pays, dans la province de Kunduz.
Des affrontements ont encore eu lieu, fin août, entre Talibans et forces afghanes dans le nord u pays, dans la province de Kunduz. — Bashir Khan Safi/AP/SIPA

Les Etats-Unis et les talibans sont « sur le point de conclure un accord » après dix-huit ans de conflit en Afghanistan, a affirmé dimanche l’émissaire américain Zalmay Khalilzad après une séance de pourparlers à Doha. « Un accord qui réduira la violence et ouvrira la voie aux Afghans pour s’asseoir ensemble pour négocier une paix honorable et durable », a tweeté Zalmay Khalilzad. Celui-ci s’exprimait au terme du huitième et dernier jour du 9e cycle de négociations au Qatar entre les représentants des Etats-Unis et des talibans.

« Malgré les spéculations, nous n’avons pas encore d’annonce à faire », a dit un porte-parole du département d’Etat américain à Washington après les tweets de Zalmay Khalilzad, précisant que ce dernier s’entretiendrait à Kaboul avec un grand nombre d’Afghans, à commencer par les dirigeants gouvernementaux. Le porte-parole des talibans à Doha, Suhail Shaheen, avait affirmé de son côté samedi que l’accord était « presque finalisé ».

Jusqu’à 98.000 soldats américains en 2011

Un tel accord « devra permettre le retrait des forces américaines et assurer la sécurité du territoire américain », « pas sur la base d’une confiance aveugle », mais « d’engagements clairs qui feront l’objet d’une vérification », a insisté le porte-parole du département d’Etat. « Si et quand nous serons en mesure d’annoncer un accord, le processus laissera la place aux négociations interafghanes, où les talibans s’assiéront avec les autres Afghans pour s’engager ensemble en faveur d’un cessez-le-feu permanent et global », a-t-il ajouté.

Quelque 13.000 soldats américains sont actuellement encore déployés en Afghanistan où les Etats-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau djihadiste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11-Septembre, et déloger les talibans alors au pouvoir à Kaboul. Les effectifs américains ont atteint jusqu’à 98.000 hommes en 2011. Désireux de mettre un terme aux « guerres sans fin » et de « ramener les gars à la maison », Donald Trump avait autorisé il y a un an ces pourparlers directs inédits avec les talibans.

Des attaques de Talibans

Le président des Etats-Unis a annoncé jeudi qu’en cas d’accord, 8.600 soldats américains resteraient dans un premier temps en Afghanistan. Mais il pourrait ne s’agir que d’une première étape et l’accord pourrait prévoir un calendrier pour un retrait bien plus conséquent, même si Donald Trump a promis de maintenir une « présence » non détaillée. Ce retrait, principale revendication des talibans qui le veulent total, se ferait en échange de l’engagement des insurgés que les territoires qu’ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaïda ou d’autres groupes « terroristes ».

Le 9e cycle de pourparlers à Doha a pris fin alors que les talibans ont lancé samedi une offensive sur la ville stratégique de Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan. Cette offensive démontre que les talibans « ne croient pas à l’opportunité de paix portée par les Etats-Unis et le gouvernement afghan », a accusé sur Twitter Sediq Sediqqi, le porte-parole du président Ashraf Ghani, dont le gouvernement a été tenu à l’écart par Washington dans ses négociations directes avec les insurgés.