Amazonie: Bolsonaro s’en prend à l’Europe et se rapproche des Etats-Unis

GEOPOLITIQUE Le chef de la diplomatie brésilienne et le fils du président, possible futur ambassadeur à Washington, ont rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche

20 Minutes avec AFP

— 

Les présidents Trump (Etats-Unis) et Bolsonaro (Brésil), le 28 juin 2019, à Osaka.
Les présidents Trump (Etats-Unis) et Bolsonaro (Brésil), le 28 juin 2019, à Osaka. — The White House/Sipa USA/SIPA

Le président Jair Bolsonaro a estimé vendredi que l’Europe n’avait « pas de leçon à donner » au Brésil sur l’Amazonie, tandis que son ministre des Affaires étrangères se réjouissait de la proximité de son pays avec les Etats-Unis. Le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et Eduardo Bolsonaro, le fils député du président et possible futur ambassadeur à Washington, se sont en effet rendus à la Maison-Blanche, à la recherche de soutien alors que le Brésil est depuis une semaine sous une intense pression internationale. Les deux hommes se sont entretenus une trentaine de minutes avec le président américain.

Trump soutient sans réserve Bolsonaro

« Les gouvernements sont sur la même longueur d’ondes », a assuré ensuite M. Araujo, se félicitant que « pour la première fois » le président américain reçoive des officiels n’ayant pas le rang de président ou de chef d’Etat. Selon le ministre, « les gouvernements partagent le point de vue que les pays sont souverains sur leur territoire » et que les feux dans la plus vaste forêt tropicale du monde ne doivent pas être « un prétexte pour promouvoir l’idée d’un comité international pour gérer l’Amazonie ».

Le président américain avait félicité mardi Jair Bolsonaro, estimant qu'« il travaillait très dur » dans la lutte contre les incendies en Amazonie, prenant totalement le contre-pied des autres membres du G7. Il avait exprimé le « soutien sans réserve » des Etats-Unis au Brésil.

Sur le terrain, les feux continuent de progresser, malgré une interdiction temporaire des brûlis et la mobilisation depuis le week-end dernier de 18 avions et 3.900 hommes en Amazonie. Quelque 2.300 nouveaux départs de feu ont ainsi été enregistrés au Brésil par l’Institut national de recherche spatiale (INPE), dont près de 1.500 dans les neuf Etats d’Amazonie. Le total des incendies enregistrés dans le pays depuis janvier est de plus de 87.000, au plus haut depuis l’année 2010, où plus de 132.000 feux avaient été relevés sur la même période. Malgré ces chiffres alarmants, le président Bolsonaro avait affirmé jeudi soir M. Bolsonaro sur Facebook qu’il « n’est pas vrai » que la forêt amazonienne soit « en feu », tout en assurant que « les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années ».

Emmanuel Macron, Angela Merkel, le président du conseil européen Donald Tusk et Jair Bolsonaro, le 29 juin 2019 à Osaka
Emmanuel Macron, Angela Merkel, le président du conseil européen Donald Tusk et Jair Bolsonaro, le 29 juin 2019 à Osaka - EPN/Newscom/SIPA

Le président d’extrême droite a également annoncé en soirée sur Twitter avoir eu un entretien « productif » au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui, a-t-il assuré, « a réaffirmé la souveraineté du Brésil » sur les 60 % d’Amazonie qu’il abrite. Lorsque Berlin a suspendu début août une partie de ses subventions à la préservation de l’Amazonie, Jair Bolsonaro avait conseillé à la chancelière de « reboiser l’Allemagne ». En matinée, il avait dit à la presse : « ce n’est pas seulement l’Allemagne, mais toute l’Europe qui n’a pas de leçon à nous donner sur l’environnement ». Le président brésilien a ajouté être « prêt à parler avec un pays ou un autre, sauf (avec) notre cher Macron, tant qu’il ne se rétractera pas sur la souveraineté (du Brésil) sur l’Amazonie ».

Bolsonaro boude les stylos Bic, une marque « française »

Toujours furieux contre le président français, Jair Bolsonaro a affirmé vendredi soir qu’il allait cesser d’utiliser les stylos Bic. Jusqu’à présent, le président signait les documents officiels avec ces stylos bon marché, qu’il a souvent brandis devant les caméras comme le symbole de la modestie de son train de vie présidentiel, contrairement à celui de ses prédécesseurs. « Un stylo (de la marque brésilienne) Compactor, à la place de Bic, fera l’affaire », a-t-il expliqué. Le groupe Bic n’a pas souhaité commenter les déclarations de Jair Bolsonaro mais s’est dit « flatté » d’être reconnu comme étant « une marque démocratique ».