Chine : Un journaliste singapourien expulsé pour avoir écrit un article sur la famille du président

LIBERTE Chun Han Wong, citoyen singapourien, travaille pour le bureau du Wall Street Journal dans la capitale chinoise depuis 2014

20 Minutes avec AFP

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Le président chinois Xi Jinping.
Le président chinois Xi Jinping. — Mark Schiefelbein/AP/SIPA

Un journaliste singapourien, qui travaille pour le Wall Street Journal, a été expulsé de Chine après avoir écrit un article sur le cousin du président chinois, a annoncé le quotidien américain. Les journalistes coupables « d’attaques malveillantes » contre la Chine « ne sont pas les bienvenus », a réagi Pékin ce vendredi.

Chun Han Wong, citoyen singapourien, travaille pour le bureau du quotidien américain dans la capitale chinoise depuis 2014. « Nous pouvons confirmer que les autorités chinoises ont refusé de renouveler la carte de presse de Chun Han », a indiqué un porte-parole de Dow Jones, l’éditeur du Wall Street Journal.

« Ce genre de journalistes ne sont pas les bienvenus »

Cette décision constitue une expulsion de facto, l’obtention de ce document étant indispensable à celle d’un permis de séjour en tant que journaliste. Chun Han Wong a écrit en juillet, avec son collègue Philip Wen,un article sur une enquête des autorités australiennes visant Ming Chai, l’un des cousins du président chinois Xi Jinping. Le Wall Street Journal affirmait que cette surveillance des services australiens entrait dans le cadre d’investigations plus vastes sur le crime organisé, le blanchiment d’argent et de présumés trafics d’influence de personnes liées à la Chine.

« Nous sommes résolument opposés aux diffamations et aux attaques malveillantes de certains journalistes étrangers à l’encontre de la Chine », a indiqué un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Ce genre de journalistes ne sont pas les bienvenus », a-t-il souligné. La Chine a déjà refusé de renouveler les cartes de presse ou les permis de séjour de journalistes étrangers dans le passé.

Les « pires conditions de reportage en Chine de l’histoire récente »

L’ex-correspondante à Pékin du site internet américain BuzzFeed, Megha Rajagopalan, n’avait pas pu renouveler son permis de séjour l’an passé. Elle avait notamment couvert la répression au Xinjiang (nord-ouest), une région à majorité musulmane jadis frappée par des attentats. Journaliste du magazine français L’Obs, Ursula Gauthier avait dû partir de Chine en 2015 à l’expiration de son permis de séjour. Pékin l’avait accusée d’avoir fait l’apologie d’actes terroristes au Xinjiang.

Un sondage du Club des correspondants étrangers en Chine (FCCC), publié en janvier et réalisé auprès de 109 journalistes, avait fait état des « pires conditions de reportage en Chine de l’histoire récente ». Beaucoup de personnes interrogées affirmaient avoir subi des délais dans l’obtention de leur permis de séjour, ou ne s’être vu offrir qu’une durée de validité réduite.