Quand Apple menace de fermer iTunes Store

TELECHARGEMENT Le but de la plateforme était d'empêcher...

A.L.

— 

Après Intel et Microsoft, la Commission européenne s'attaque à un autre géant américain de l'informatique, Apple, et sa boutique de musique en ligne, iTunes, à la grande joie des consommateurs, nombreux à critiquer les pratiques commerciales du groupe à la pomme.
Après Intel et Microsoft, la Commission européenne s'attaque à un autre géant américain de l'informatique, Apple, et sa boutique de musique en ligne, iTunes, à la grande joie des consommateurs, nombreux à critiquer les pratiques commerciales du groupe à la pomme. — John D McHugh AFP/Archives

Le téléchargement illégal de musique ne pénalise pas tout le monde dans l’industrie de la musique, comme le rapporte le magazine Fortune. C’est en effet en mettant en avant la concurrence exercée par le piratage qu’Apple a pu empêcher la commission américaine gérant les droits d’auteur aux Etats-Unis, le Copyright Royalty Board, d’augmenter la redevance versée aux artistes par sa plate-forme de téléchargement légal, l’iTunes Store.

Moins de 10 cents pour l’artiste

A l’heure actuelle, sur un morceau vendu 0,99 dollar, iTunes Store, comme ses concurrents légaux, reverse 70 cents à la maison de disque: 9 cents sont remis à l’artistes. L’opération rapporterait 10 cents à Apple (les dix derniers cents étant pour les frais de fonctionnement). Mais pour Eddy Cue, vice-président d’iTunes, le marché du téléchargement légal, tenu à 85% par sa marque, reste encore trop fragile.

Il a expliqué qu'une augmentation de cette redevance le conduirait à «fonctionner à perte». «Apple a clairement expliqué (…) qu’elle était présente sur cette activité pour gagner de l’argent et qu’elle cesserait probablement de faire fonctionner l’iTunes Store s’il ne lui était plus possible de le faire de façon rentable», peut-on lire dans le magazine «Fortune».

De plus, a-t-il plaidé, une augmentation du prix de vente détournerait les acheteurs vers le téléchargement illégal.


L’iPod, le lecteur Mp3 leader du marché

Si le CRB a finalement renoncé ce jeudi à augmenter la redevance, il a néanmoins rejeté la demande d’Apple de la diminuer. Et si David Israelite, le président du National Music Publisher Association (NMPA) se félicite de cette décision, il a aussi accusé Apple de «vendre des chansons pas cher pour vendre ses iPods» et regretté que les artistes ne touchent rien sur la vente de lecteurs Mp3 leader du marché.

En France, s’il existe une redevance sur la vente de lecteurs Mp3 reversée aux ayant droit, la Sacem ne reçoit en fait que 7 centimes sur chaque morceau vendu 0,99 euros sur l’iTunes Store: un montant à partager au moins en trois entre auteur, compositeur et éditeur.