Incendie en Amazonie : Bolsonaro interdit les brûlis pour tenter de freiner les feux

AGRICULTURE Le nombre de feux depuis janvier dans le pays est le plus élevé depuis 2010

20 Minutes avec AFP

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Un incendie vu du ciel en Amazonie, le 28 août 2019.
Un incendie vu du ciel en Amazonie, le 28 août 2019. — Joao LAET / AFP

Nouvelle mesure brésilienne pour lutter contre les incendies en Amazonie. Scruté par la communauté internationale, le président brésilien Jair Bolsonaro a signé tard mercredi un décret interdisant les brûlis agricoles dans tout le Brésil pendant soixante jours.

Le décret, qui doit paraître ce jeudi au Journal officiel, suspend l’utilisation des brûlis durant les deux prochains mois sur tout le territoire national, tout en maintenant certaines exceptions, selon des sources gouvernementales citées par les médias brésiliens. Cette méthode, très utilisée, vise à défricher ou fertiliser un sol par le feu. Le code forestier autorise certains brûlis avec l’autorisation des organismes de contrôle.

Plus de 1.000 départs de feu enregistrés

Jair Bolsonaro fait face à une pression croissante, à l’intérieur et à l’étranger, après la multiplication des incendies en Amazonie, plus grande forêt tropicale du monde. Ils sont loin d’être « sous contrôle », contrairement aux affirmations du gouvernement : 1.044 nouveaux départs de feu ont été constatés mardi dans tout le Brésil, dont plus de 50 % en Amazonie, a indiqué mercredi l’Institut national de recherche spatiale (INPE).

Le nombre de feux depuis janvier dans le pays (83.329), est le plus élevé depuis 2010, selon l’INPE. Ils sont souvent provoqués par des agriculteurs ou éleveurs de bovins qui veulent plus de terres et que la politique du gouvernement actuel encourage. Le gouvernement a déployé plus de 3.900 hommes, des centaines de véhicules et 18 avions dont deux bombardiers d’eau Hercules, selon des données du ministère de la Défense citées par les médias locaux.

Le Brésil défend sa « souveraineté »

Une crise diplomatique s’est parallèlement développée entre Brasilia et Paris, qui menace de ne pas signer l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Jair Bolsonaro a alimenté mercredi la polémique avec le président français Emmanuel Macron, semant la confusion quant à l’aide internationale que le Brésil serait prêt à recevoir pour lutter contre les incendies.

Dans des déclarations belliqueuses, Jair Bolsonaro, qui ne s’est toujours pas rendu en Amazonie, a accusé « l’Allemagne, et particulièrement la France, d’être en train d’acheter (la) souveraineté brésilienne » avec l’offre d’aide financière du G7. On ignorait si le Brésil, qui avait rejeté mardi l’aide de 20 millions de dollars du G7 en attendant qu’Emmanuel Macron « retire ses insultes » contre Jair Bolsonaro, puis l’a acceptée mardi soir sous certaines conditions, l’avait effectivement de nouveau rejetée mercredi matin.