L'Argentine demande au FMI un rééchelonnement de sa dette

ECONOMIE Le Fonds monétaire international a assuré qu’il était « aux côtés » de Buenos Aires

20 Minutes avec AFP

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En Argentine, le peso a perdu près de 19% face au dollar après la défaite aux primaires du président sortant Mauricio Macri, le 12 août 2019.
En Argentine, le peso a perdu près de 19% face au dollar après la défaite aux primaires du président sortant Mauricio Macri, le 12 août 2019. — Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Buenos Aires appelle à l’aide. L’Argentine a demandé mercredi au Fonds monétaire international (FMI) un rééchelonnement de sa dette de 57 milliards de dollars contractée en échange d’une cure d’austérité budgétaire, et dont les premiers remboursements devaient intervenir en 2021, a annoncé le ministre des Finances, Hernan Lacunza. « L’Argentine a proposé (au FMI) d’amorcer un dialogue pour rééchelonner sa dette », a déclaré Lacunza, nommé il y a un peu plus d’une semaine.

Dans la foulée, le FMI a indiqué qu’il étudiait la requête, et assuré « être aux côtés de l’Argentine pendant ces temps difficiles ».

Turbulences politico-économiques

Ces déclarations interviennent quelques jours après la visite d’une mission technique du Fonds à Buenos Aires où la crise économique s’est aggravée après le revers électoral du président Mauricio Macri. Le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez fait figure de favori à la présidentielle du 27 octobre, après sa large victoire aux primaires du 11 août où il a remporté 47 % des suffrages, loin devant le sortant, Mauricio Macri (32 %) qui brigue un second mandat.

Submergée par deux crises monétaires en 2018 ayant fait perdre 50 % de sa valeur à sa monnaie, l’Argentine a appelé le FMI à la rescousse pour obtenir un prêt de plus de 57 milliards de dollars. En échange, le pays s’est engagé à équilibrer ses comptes. Les premiers remboursements sont prévus en 2021.

Plongeon de 30 % de la Bourse mi-août

Le recours au FMI en 2018 intervenait 12 ans après le remboursement anticipé de 10 milliards de dollars, en 2006, quand l’ex-président Nestor Kirchner avait décidé de rompre avec le Fonds. A cette époque, le prix du soja et les matières premières agricoles qu’exporte l’Argentine flambaient sur les marchés internationaux.

En 2001, le pays sud-américain, incapable de faire face aux échéances de remboursement de sa dette, avait connu le plus important défaut de paiement de l’histoire et une grave crise économique et sociale qui avait traumatisé les Argentins et les marchés. Les marchés ont montré des signes de grande nervosité ces derniers jours, voyant ressurgir le spectre d’un défaut de paiement.

L’ancien ministre des Finances argentin Nicolas Dujovne a démissionné le 17 août au terme d’une semaine de turbulences sur les marchés qui a vu le peso perdre plus de 20 % de sa valeur et la Bourse plonger de plus de 30 %.