Pays-Bas : Un médecin jugé dans une affaire d’euthanasie inédite

PROCES Le médecin néerlandais, ayant euthanasié la patiente, est accusé d’avoir « supposé que la dame voulait toujours mourir sans vérifier cela avec elle »

20 Minutes avec AFP

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Un kit pour les médecins belges contenant les traitements nécessaires à une euthanasie à domicile
Un kit pour les médecins belges contenant les traitements nécessaires à une euthanasie à domicile — ETIENNE ANSOTTE / BELGA / AFP
  • Une médecin est soupçonnée d’avoir euthanasié une septuagénaire qui n’aurait pas clairement exprimé son souhait de mourir.
  • Selon le parquet, la praticienne aurait dû avoir une discussion plus poussée avec la patiente.
  • La décision de la justice néerlandaise est attendue dans deux semaines.

Une affaire inédite aux Pays-Bas, premier pays à avoir légalisé l'euthanasie en 2002. Un médecin néerlandais, soupçonné d’avoir euthanasié en 2016 une patiente de 74 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer qui n’aurait pas clairement exprimé son souhait de mourir, a comparu, ce lundi, ont annoncé les procureurs.

Le médecin, aujourd’hui âgé de 68 ans et retraité, exerçait dans une maison de retraite. Il aurait ajouté un sédatif au café de la patiente et aurait demandé à sa famille de la maîtriser lorsqu’elle a commencé à se débattre.

Le médecin a-t-il respecté « les règles strictes définies » de l’euthanasie ?

Le médecin, une femme dont l’identité n’a pas été dévoilée, « fait face à l’accusation de pratiquer l’euthanasie sans respecter les règles strictes définies pour un tel processus », a déclaré le porte-parole du ministère public Vincent Veenman. Même si elle est reconnue coupable, elle ne devrait toutefois être condamnée à aucune peine, a précisé le ministère public.

Diagnostiquée il y a quatre ans de la maladie neurodégénérative d'Alzheimer, la patiente avait demandé, dans une déclaration écrite, à être euthanasiée plutôt que d’être placée dans une maison de retraite spécialisée, selon les procureurs. Elle avait toutefois précisé vouloir être capable de décider (quand mourir) tant qu’elle avait « encore tous ses esprits », a rapporté la radio-télévision publique néerlandaise NOS.

Le médecin accusé d’avoir « supposé que la dame voulait toujours mourir sans vérifier »

Un médecin spécialisé en soins gériatriques avait ensuite jugé qu’elle répondait aux conditions requises pour bénéficier d’une euthanasie. Deux médecins indépendants avaient confirmé ce diagnostic, comme requis par la loi, a précisé NOS. Le médecin ayant effectué l’euthanasie est accusé d’avoir « supposé que la dame voulait toujours mourir sans vérifier cela avec elle ».

« Une question cruciale dans cette affaire est de savoir combien de temps un médecin devrait continuer à suivre un patient atteint de démence, si ce patient avait déjà demandé l’euthanasie à un stade antérieur », a déclaré la porte-parole du parquet, Sanna van der Harg. « Le parquet estime toutefois que le médecin aurait dû avoir une discussion plus poussée avec la patiente atteinte de démence » avant de l’euthanasier, a-t-elle ajouté. Les juges doivent rendre leur verdict dans deux semaines.