Dur, dur d'être un colistier

Sophie Cois - ©2008 20 minutes

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Avoir l'air du parfait vice-président américain n'est pas une activité de tout repos. Alors qu'habituellement le débat entre les deux colistiers n'attire pas les foules, cette an­née, l'arrivée de Sarah Palin dans la course a changé la donne. Hier, le démocrate Joe Biden et la républicaine Sarah Palin sont arrivés sur scène préparés comme jamais. D'un côté, la jeune gouverneur de l'Alaska qui faisait sa première sortie depuis trois jours. Retranchée dans le ranch de McCain avec les stratèges du parti, elle s'est entraînée en apprenant par coeur des fiches pour combler ses lacunes. De l'autre, le sénateur du Delaware, politicien expérimenté mais qui traîne une réputation de gaffeur.

Pour les deux candidats, l'enjeu était différent. Sarah Palin se devait de rattraper ses récentes prestations désastreuses en interview, mais sans pour autant perdre son naturel qui séduit tant les Américains. Joe Biden était, lui, dans une position délicate. Comment exister face au tourbillon médiatique qu'a déclenché sa rivale ? Briefé par son équipe afin d'éviter les gaffes, il s'est longuement préparé. Pas question pour lui de gréver par des maladresses le bond d'Obama dans les sondages. A un mois de l'élection, le candidat démocrate est au-dessus de 50 % dans trois des principaux Etats clés que sont la Floride, l'Ohio et la Penn­sylvanie. Néanmoins, traditionnellement, selon les commentateurs, le mois qui précède le scrutin est celui des « surprises d'octobre », susceptibles de renverser les tendances.