Corée du Nord: Kim Jong-un a supervisé le test d'un «lanceur de missiles multiple», selon Pyongyang

COREE DU NORD Le dirigeant nord-coréen a vanté « une grande arme », « nouvellement développée pour contrer les menaces militaires et les pressions croissantes des forces hostiles »

20 Minutes avec AFP

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Kim Jong-un assiste à un lancement de missile dans cette photo datée du 24 août 2019 et diffusée par le gouvernement nord-coréen.
Kim Jong-un assiste à un lancement de missile dans cette photo datée du 24 août 2019 et diffusée par le gouvernement nord-coréen. — /AP/SIPA

Kim Jong-un a supervisé samedi le test d’un « lanceur de missiles multiple de grande dimension », a annoncé dimanche l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Après le test, le dirigeant a déclaré que ce système « nouvellement développé » était « une grande arme », et il a exprimé sa « grande reconnaissance » envers les scientifiques qui l’ont conçue et construite, a rapporté KCNA.

L’état-major interarmes de la Corée du Sud avait pour sa part décrit samedi cet essai nord-coréen comme étant le tir de deux missiles balistiques à courte portée. « Le test a montré que toutes les spécifications tactiques et technologiques du système ont atteint correctement les normes qui avaient été fixées », selon KCNA.

« Menaces militaires » et « pressions croissantes des forces hostiles »

La Corée du Nord doit continuer à renforcer le développement d’armements « pour contrer résolument les menaces militaires et les pressions croissantes des forces hostiles », a déclaré Kim Jong-un selon l’agence.

Le test de samedi était le dernier en date d’une série d’essais de missiles à courte portée effectués en août par la Corée du Nord pour exprimer son mécontentement devant des manœuvres militaires conjointes menées par les forces sud-coréennes et américaines. Ces manœuvres ont pris fin il y a un peu moins d’une semaine. Selon Pyongyang, Kim Jong-un a observé au cours du mois écoulé au moins deux autres tests d’armes « nouvelles ». Mais la nature et les caractéristiques de ces armements ne sont pas connues.

A Séoul, l’essai de samedi a amené la présidence sud-coréenne à convoquer une réunion du Conseil national de sécurité, le NSC. « Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques auprès de la communauté internationale pour ramener la Corée du Nord à la table de négociations avec les Etats-Unis pour parvenir à l’objectif d’une dénucléarisation complète dans la péninsule coréenne », a déclaré le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

« Nous sommes prêts aussi bien pour le dialogue que pour le blocage »

Les pourparlers bilatéraux entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un, à Hanoï en février. Les deux dirigeants s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d’un an après le premier sommet Trump-Kim à Singapour. Cependant ces discussions n’ont pas repris depuis.

En visite cette semaine à Séoul, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a déclaré que les Etats-Unis étaient « prêts à entamer des discussions » dès qu’ils auraient « des nouvelles » de Pyongyang. Mais la possibilité d’une reprise prochaine de ces pourparlers semble faible, si l’on en juge par des déclarations récentes de Pyongyang.

Le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que la Corée du Nord resterait « pour longtemps la plus grande "menace" pour les Etats-Unis ». Et le ministre a lancé une attaque frontale contre le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le traitant de « toxine irréductible » et se déclarant « sceptique » sur la possibilité de négocier avec lui. « Nous sommes prêts aussi bien pour le dialogue que pour le blocage », a souligné le ministre nord-coréen.