La Corée du Nord a tiré deux nouveaux projectiles en mer, selon Séoul

MISSILES Pyongyang a tiré peu après avoir affirmé être la plus grande «menace» pour les Etats-Unis

M.P. avec AFP

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Kim Jong-un supervisant un tir de missile en Corée du Nord, le 17 août 2019.
Kim Jong-un supervisant un tir de missile en Corée du Nord, le 17 août 2019. — AFP

La Corée du Nord a multiplié ces dernières semaines les essais d’armes pour protester contre les manœuvres militaires américano-sud-coréennes, qu’elle considère comme la répétition d’une invasion de son territoire. Le dernier test remontait à mardi. Selon la Corée du Sud, Pyongyang aurait cependant tiré, ce samedi, deux nouveaux projectiles qui pourraient être des missiles de courte portée.

« L’armée a détecté deux projectiles non-identifiés soupçonnés être des missiles balistiques de courte portée. Nos militaires suivent les mouvements du Nord en cas de lancement supplémentaire, et se tiennent prêts à toute éventualité », a annoncé samedi dans un communiqué l’état-major interarmes sud-coréen. Les missiles ont parcouru environ 380 kilomètres et atteint une altitude de 97 km à une vitesse maximale de Mach 6,5 avant de s’abîmer en mer du Japon, connue en Corée sous le nom de mer de l’Est.

Les relations entre Tokyo et Séoul n’en finissent plus de se détériorer

La présidence sud-coréenne a rassemblé son Conseil de sécurité national (NSC) à la suite de ces essais d’armes et fait également part de ses « profondes préoccupations », en observant que ces tirs intervenaient alors que les manœuvres conjointes entre Washington et Séoul étaient achevées. Le ministre japonais de la Défense Takeshi Iwaya a également indiqué aux journalistes que Tokyo pensait que la Corée du Nord avait tiré « des missiles balistiques » en violation des résolutions de l’ONU : « On ne peut les ignorer, quelles que soient leur taille et la distance parcourue. » 

Photo communiquée par le gouvernement nord-coréen après le tir d'un nouveau missile le 17 août 2019.
Photo communiquée par le gouvernement nord-coréen après le tir d'un nouveau missile le 17 août 2019. - /AP/SIPA

Ces nouveaux tirs interviennent au moment où les relations entre Tokyo et Séoul n’en finissent plus de se détériorer en raison des vieux contentieux hérités du passé colonial japonais dans la péninsule coréenne (1910-1945).

Mike Pompeo qualifié de « toxine irréductible »

La Corée du Sud avait annoncé jeudi qu’elle allait rompre un accord de partage direct de renseignements militaires avec le Japon, conclu en 2016 sous l’égide de Washington, dans le contexte de la montée en puissance des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. Séoul a finalement indiqué que ce partage d’informations avec le Japon continuerait, mais via les Etats-Unis.

En visite cette semaine à Séoul, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a affirmé que les Etats-Unis étaient « prêts à entamer des discussions » dès qu’ils auraient « des nouvelles » de Pyongyang. Mais le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que son pays resterait « la plus grande "menace" pour les Etats-Unis pour longtemps ». Il s’est aussi fendu d’une attaque frontale contre le secrétaire d’Etat Mike Pompeo qu’il a qualifié de « toxine irréductible ».

Le chef de la diplomatie américaine avait auparavant déclaré, dans le journal The Washington Examiner, que si le leader nord-coréen Kim Jong-un ne décide pas de dénucléariser, les Etats-Unis « maintiendront les sanctions qui sont les plus dures de toute l’histoire ».