Le Kazakhstan veut lancer un dispositif espion, Google, Apple et Mozilla promettent de le bloquer

CYBERSECURITE Qaznet, un dispositif introduit par les autorités kazakhes, peut être utilisé pour obtenir l’accès au trafic Internet de l’utilisateur l’ayant installé

20 Minutes avec agences

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Chrome, le navigateur de Google, a indiqué que le dispositif des autorités Kazakhes n'était pas « opportun ».
Chrome, le navigateur de Google, a indiqué que le dispositif des autorités Kazakhes n'était pas « opportun ». — M. Lennihan/AP/SIPA

Google, Apple et Mozilla s’élèvent contre une initiative des autorités du Kazakhstan. Ces géants du Web ont annoncé des mesures pour bloquer un dispositif de sécurité susceptible d’intercepter le trafic Internet, par crainte qu’il ne soit utilisé à de mauvaises fins dans ce pays autoritaire d’Asie centrale.

Qaznet, ce « certificat racine » développé par les autorités kazakhes, a fait des vagues dans le pays en juillet lorsque les habitants se sont vus intimer l’ordre, dans des messages en ligne, de l’installer sur leurs téléphones portables.

Obtenir l’accès au trafic Internet de l’utilisateur

Un « certificat racine » (root certificate) est un fichier contenant des informations d’identification. Il peut être utilisé par son développeur pour obtenir l’accès au trafic Internet de l’utilisateur l’ayant installé. Tour à tour, les plus grandes entreprises de l’internet ont annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi leur intention de s’opposer à cette initiative.

Chrome, le navigateur Internet développé par Google, a ainsi expliqué dans un communiqué qu’il « n’est pas opportun que ce mécanisme soit utilisé pour intercepter du trafic Internet ». Un porte-parole d'Apple, développeur du navigateur Safari, a indiqué à l’AFP « avoir mis en œuvre des actions destinées à s’assurer que le certificat ne soit pas validé par Safari et que les utilisateurs soient protégés ». Mozilla, développeur du navigateur Firefox, a également promis de bloquer le certificat Qaznet.

Des sites et des réseaux sociaux bloqués

Les autorités kazakhes ont affirmé pour leur part que les utilisateurs étaient libres de télécharger ou non Qaznet, dont le but est selon elles de les protéger du piratage informatique. L’un des principaux fournisseurs de réseau mobile du pays, Kcell, avait pourtant décrit en juillet l’installation du certificat comme « nécessaire », dans un message à ses abonnés.

Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev a de son côté affirmé que Qaznet sera introduit « uniquement en cas d’intrusion extérieure », sans donner davantage de détails.

Les organisations de défense des droits humains critiquent régulièrement le Kazakhstan pour la répression de la presse ou des opposants. Avant l’élection présidentielle de juin dernier, plusieurs sites d’information et des réseaux sociaux avaient été bloqués par les autorités.