Incendie en Amazonie: La Bolivie et le Paraguay eux aussi en proie aux feux de forêt

CATASTROPHE Plus de 654.000 hectares sont partis dans les flammes en Bolivie depuis le mai

20 Minutes avec AFP

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Un incendie de forêt à Robore, dans la région de Santa Cruz en Bolivie le 22 août 2019.
Un incendie de forêt à Robore, dans la région de Santa Cruz en Bolivie le 22 août 2019. — AFP

L’Amérique du Sud est en partie sous les flammes. Outre le Brésil, la Bolivie et le Paraguay sont eux aussi confrontés à d’importants feux de forêt. En Bolivie, quelque 654.000 hectares sont partis en fumée dans le département de Santa Cruz (est) depuis le mois de mai, avec une forte recrudescence des feux en août. Depuis environ deux semaines, les pompiers boliviens font face à des incendies devenus hors de contrôle. Au Paraguay, touché dans sa partie nord, aucune donnée officielle n’est pour l’heure disponible.

Une coopération entre les deux pays

Distincts des principaux feux qui affectent actuellement l’Amazonie brésilienne, ces incendies se situent plus au sud, aux confins de la Bolivie, du Paraguay et du Brésil. « Nous sommes en contact avec nos homologues de la république du Paraguay, nous avons pris un engagement pour que nos deux pays travaillent ensemble, tant en Bolivie qu’au Paraguay », a déclaré jeudi le ministre bolivien de l’Environnement et de l’Eau, Carlos Ortuno, lors d’une conférence de presse. Un avion bombardier d’eau, loué par le gouvernement, est ainsi attendu vendredi en Bolivie. Son arrivée est vitale car « il n’y a aucune prévision de pluie dans les prochains jours », a déploré le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, estimant que cela fait reposer « plus de responsabilité » sur les autorités.

Ces incendies sont provoqués par la pratique des cultures par brûlis, utilisée par les paysans qui affirment que cela améliore la qualité des sols pour les semailles. Parmi les zones les plus touchées figure le Bosque seco Chiquitano, une aire de biodiversité, où se trouve la Réserve naturelle de Tucavaca. Dans celle-ci, il y a « 35 espèces d’animaux endémiques et plus de 55 plantes endémiques présentes seulement dans cette partie du monde », a expliqué Eliana Torrico, défenseuse de l’environnement. Au total, dans la zone, les incendies ont provoqué des dommages sur plus de 500 espèces animales, selon plusieurs organisations écologistes.

Les écologistes en veulent au président Morales

Le pouvoir politique se veut tout de même rassurant. « Nous allons reboiser et créer des centres de soins pour les animaux blessés », a en effet promis mercredi le vice-président bolivien Alvaro Garcia. Mais pour le président du Collège des ingénieurs agronomes de Santa Cruz, Juvenal Bonilla, cité par le quotidien Los Tiempos, « le Bosque seco Chiquitano est unique au monde, rétablir un bois de ce type prend plus de 200 ans ». Le dialogue est aujourd’hui difficile entre les deux camps. Les défenseurs de l’environnement reprochent au gouvernement du président Evo Morales d’avoir approuvé une loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares la déforestation pour des activités agricoles pour les petits propriétaires et les propriétés communautaires dans les départements de Santa Cruz et Beni (nord-est).