«Open Arms» : La Marine espagnole va récupérer 15 migrants à Lampedusa

IMMIGRATION La France a promis d'accueillir 40 d'entre eux et le Portugal 10

20 Minutes avec AFP

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Le navire de l'«Open Arms» se trouve dans le port sicilien de Porto Empedocle.
Le navire de l'«Open Arms» se trouve dans le port sicilien de Porto Empedocle. — Concetta Rizzo/AP/SIPA

Madrid a confirmé jeudi que le bateau militaire dépêché à Lampedusa maintenait le cap sur l’île italienne pour y récupérer les quinze migrants secourus par l'«  Open Arms » que l' Espagne s’était engagée à accueillir.

Le gouvernement espagnol avait envoyé mardi le navire Audaz pour récupérer tous les migrants bloqués à bord du bateau humanitaire espagnol « Open Arms » près de Lampedusa, en raison du refus de l’Italie de les laisser débarquer. Quelques heures plus tard, la justice italienne avait finalement ordonné le débarquement des migrants sur l’île, rendant la mission du navire militaire incertaine.

Madrid a finalement décidé de ramener en Espagne les migrants qu’elle s’est engagée à accueillir à bord de ce navire. « Il était plus utile et plus efficace qu’il termine son voyage et nous ramène le quota (de migrants) qui nous correspond » dans le cadre de l’accord de répartition de ces migrants entre plusieurs pays européens, a déclaré la numéro deux du gouvernement espagnol Carmen Calvo.

Transfert par la mer

Selon les termes de cet accord, l’Espagne doit en accueillir quinze, a poursuivi Carmen Calvo. « Nous ne savons pas si un autre pays pourrait s’ajouter à cette répartition à la dernière minute mais en principe notre quota était de quinze et c’est ce nombre (de migrants) que nous allons ramener dans notre pays », a-t-elle indiqué.

Le ministère de la Défense « a dit depuis le début qu’il était plus sûr d’effectuer le transfert par la mer plutôt que par les airs. C’est beaucoup plus sûr et facile pour nos forces armées », a ajouté la vice-présidente. L’ONG Proactiva Open Arms avait demandé à Madrid d’affréter un avion pour ramener les migrants en Espagne.

Après 19 jours en mer

Après 19 jours en mer pour certains, les migrants de l'« Open Arms » ont rejoint mardi soir le centre d’accueil de Lampedusa. Ils étaient 147 à bord à l’arrivée jeudi dernier du bateau près de l’île puis autour de 80 lors du débarquement.

La France a promis d’accueillir 40 d’entre eux et le Portugal 10, dans le cadre de l’accord de répartition auquel doivent aussi participer le Luxembourg et l’Allemagne. La Roumanie s’était proposée initialement mais sa participation n’est finalement pas nécessaire, l’offre des cinq autres pays étant suffisante.

Des anomalies liées à la sécurité

Le navire de l'« Open Arms » se trouve dans le port sicilien de Porto Empedocle, où il a été mis sous séquestre par le procureur d’Agrigente, selon une porte-parole de l’association. Son commandant est resté à son bord.

Jeudi, ce sont des militaires des gardes-côtes spécialisés dans la sécurité de navigation qui ont à leur tour bloqué l'« Open Arms ».

Les spécialistes ont en effet constaté « une série de graves anomalies relatives à la sécurité de la navigation, aux normes environnementales marines, à l’entraînement et la familiarité de l’équipage avec les procédures d’urgence à bord », selon un communiqué des garde-côtes italiens. Ces anomalies ont entraîné « la saisie administrative immédiate de l’unité », qui ne pourra quitter le port avant d’y avoir remédié.