Texas: Indignation après la punition au feutre noir d'un collégien afro-américain

RACISME Des responsables de l'établissement ont noirci à l'encre indélébile le crâne de l'élève, coupable, selon eux, d'une infraction capillaire

20 Minutes avec AFP

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Les responsables de l'établissement ont colorié au feutre noir la coupe de cheveux d'un collégien au Texas.
Les responsables de l'établissement ont colorié au feutre noir la coupe de cheveux d'un collégien au Texas. — KPRC (catpure)

Le jeune J.T. était tout fier de sa coupe de cheveux que n’aurait pas reniée Paul Pogba, avec une ligne au rasoir dessinant la lettre « M » sur son crane. Mais les responsables d’un collège de la banlieue de Houston, au Texas, ont estimé que c’était contraire au code vestimentaire de l’établissement, et ils ont colorié le crâne de l’élève au feutre noir indélébile. Les parents de l’adolescent viennent de porter plainte, accusant l’école de racisme.

Les faits remontent à avril dernier. Une professeure de l’adolescent l’a envoyé chez le conseiller d’éducation, qui a consulté le principal-adjoint. Selon la poursuite, ils lui ont donné le choix entre un avertissement de conduite accompagné d’un renvoi temporaire, ou de les laisser camoufler le design au feutre noir. L’adolescent a choisi la seconde option car il ne « voulait pas perdre sa place » dans l’équipe d’athlétisme.

« Pas pris les bonnes mesures »

Cet acte, a suscité des réactions outrées, amplifiées bien au-delà des frontières du Texas par la plainte déposée dimanche auprès de la justice fédérale. La punition au feutre est une stigmatisation évoquant l’esclavagisme et la ségrégation raciale, des époques où la peau des Noirs était représentée plus foncée qu’elle ne l’était afin de « masquer leur humanité », ont dénoncé les parents dans leur assignation judiciaire, dont l’AFP a obtenu copie.

Les autorités scolaires supervisant le collège, situé en banlieue de Houston, ont présenté leurs excuses à la famille et fait savoir qu’elles « désapprouvaient » la façon dont a été traité l’adolescent.

« Un responsable scolaire n’a pas pris les bonnes mesures disciplinaires en offrant à l’élève des options parmi lesquelles prévenir sa mère, une sanction ou recouvrir la zone chevelue rasée avec un marqueur. Cette dernière pratique n’est pas cautionnée par le district », ont-elles indiqué dans un communiqué publié sur Facebook.

Nouveau scandale raciste pour Galveston

Le responsable en question a été suspendu fin avril de ses fonctions. Le communiqué n’a pas précisé s’il s’agissait du proviseur-adjoint qui, d’après la plainte et le site Internet de l’école, a depuis été promu proviseur de l’établissement.

Le scandale a éclaté dans la juridiction de Galveston, récemment théâtre d’une autre vive polémique : deux policiers y ont été photographiés escortant un Afro-Américain tenu par une corde alors qu’eux-mêmes montaient à cheval. Le chef de la police locale s’est excusé face à l’indignation suscitée par cette image devenue virale, évoquant l’époque abhorrée des lynchages. Les policiers en question ne seront toutefois pas poursuivis sur le plan pénal, ont annoncé dimanche les autorités locales.