Guerre commerciale: Nouveau répit de trois mois pour Huawei

NEGOCIATIONS Washington a prolongé l'exemption accordé aux fournisseurs du géant chinois, alors que Donald Trump espère toujours conclure un accord commercial avec Pékin  

20 Minutes avec AFP

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Le logo du géant chinois de l'électronique Huawei.
Le logo du géant chinois de l'électronique Huawei. — EPN/Newscom/SIPA

Huawei peut respirer. L'administration Trump a accordé lundi un nouveau répit au géant chinois des télécoms, au moment où une grande incertitude entoure les négociations qui doivent mettre un terme à la guerre commerciale qui oppose les deux premières économies mondiales. Le ministère américain du Commerce a prolongé lundi pour 90 jours la première période d'exemption accordée en mai à certains clients et fournisseurs américains de Huawei.

Cette nouvelle période «a pour but de donner aux consommateurs à travers toute l'Amérique le temps nécessaire de trouver des fournisseurs autres que Huawei, en raison de la menace permanente (qu'il représente) pour la sécurité nationale et la politique étrangère», a expliqué le ministère du Commerce. L'administration Trump avait placé Huawei sur une liste noire en mai, accusant le groupe de travailler avec les autorités chinoises, ce qui priverait le numéro 2 mondial du smartphone de son accès à Android et à des composants critiques. La semaine dernière, Huawei a dévoilé son système maison HarmonyOS, qui semble encore très loin d'être prêt.

Protéger les entreprises américaines

Les exemptions sont accordées à certaines entreprises américaines pour qu'elles puissent continuer à vendre des produits de faible technologie au groupe chinois ou pour permettre à certains de ses clients de changer de fournisseurs. «Il y a 90 jours en plus pour des entreprises de télécoms américaines, dont certaines entreprises rurales, qui dépendent de Huawei», a expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross sur Fox Business, ajoutant: «Nous leur donnons plus de temps pour se sevrer».

Au-delà de ces exemptions, les agences fédérales ont toujours interdiction de travailler avec le géant chinois. Et l'administration a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que Huawei ne peut pas participer à la construction du réseau mobile 5G aux Etats-Unis. Washington mène une campagne active auprès de ses alliés pour qu'ils fassent de même. Le ministère a précisé lundi qu'il avait ajouté 46 filiales de Huawei à la liste noire lundi, soulignant que depuis le mois de mai il avait au total inscrit une centaine de filiales et de personnes liées au groupe chinois.

Confusion

Dimanche, Donald Trump avait laissé à penser que la période d'exemption pourrait ne pas être prolongée, «pour des raisons de sécurité nationale». Le président américain avait également lié l'attitude de Pékin envers les manifestants pro-démocratie à Hong Kong et le sort des discussions commerciales entre les deux pays. «Je pense qu'il serait très difficile de conclure un accord s'ils exercent de la violence, (...) si c'est une autre place Tiananmen», avait dit le président républicain, après avoir affirmé sur Twitter que son pays «avançait très bien avec la Chine».

Plus tôt dans la journée, son principal conseiller économique, Larry Kudlow, avait affirmé que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à cette guerre commerciale qui pèse sur les perspectives de croissance mondiale. Selon Kudlow, les hauts fonctionnaires des deux camps qui doivent se parler au téléphone «dans la semaine ou les 10 jours à venir». Les déclarations du conseiller de la Maison Blanche laissent toujours planer le doute sur l'arrivée d'une délégation chinoise à Washington au courant du mois de septembre.

Les marchés financiers, rendus extrêmement nerveux par toute une série de signes d'un fort ralentissement de l'économie mondiale –notamment à cause de la guerre que se livrent les deux premières économies du monde– , scrutent la moindre information sur ce front et réagissent fortement.