New York: Le policier accusé d'avoir asphyxié Eric Garner renvoyé

ETATS-UNIS L'officier, qui n'a pas été poursuivi en justice, a été limogé par la police de New York

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants demandent justice pour Eric Garner, le 17 juillet 2019 à New York.
Des manifestants demandent justice pour Eric Garner, le 17 juillet 2019 à New York. — Bebeto Matthews/AP/SIPA

« I can’t breathe » («Je ne peux pas respirer »). Ces mots, répétés par Eric Garner alors qu’un policier new-yorkais le plaque au sol avec une prise d’étranglement interdite, en 2014, sont devenus un symbole des brutalités policières. Cinq ans après une mort qui avait catalysé le mouvement #BlackLivesMatter, l’officier Daniel Pantaleo, qui n’a pas été poursuivi en justice, a été renvoyé par le NYPD ce lundi.

Le chef James O’Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d’une juge administrative, à l’issue d’un procès disciplinaire qui s’était terminé en juin, sur cette affaire emblématique des violences policières contre les Noirs aux Etats-Unis. « Je suis d’accord » avec la recommandation, l’officier de police Daniel « Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York », a indiqué James O’Neill lors d’une conférence de presse. Il a néanmoins longuement souligné combien la décision avait été difficile, pour des policiers qui ont « l’un des métiers les plus difficiles au monde » et doivent prendre des décisions difficiles « en un instant ».

Pas de poursuites judiciaires

De nombreuses associations de défense des droits civiques avaient appelé le responsable à suivre cette recommandation, plutôt que des sanctions moins lourdes un temps évoquées. Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains, la juge Rosemarie Maldonado a notamment estimé que le policier avait fourni, lors d’une enquête interne sur cet évènement, des explications « non plausibles et mensongères ».

Elle a aussi jugé « non fiables » les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

Les demandes de licenciement, notamment dans la communauté noire américaine, étaient d’autant plus fortes que le ministère américain de la Justice avait indiqué mi-juillet qu’il renonçait à entamer des poursuites.

Des images qui avaient fait le tour du monde

Le 17 juillet 2014, Eric Garner, 43 ans, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island. Obèse et asthmatique, Garner, qui refusait d’être interpellé mais n’était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s’employaient à le menotter, avant de décéder. Les images de l’interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde. On y entend Eric Garner, père de six enfants, répéter « Je ne peux pas respirer ».

Le policier avait depuis gardé son emploi, mais était cantonné dans un bureau, avant d’être suspendu dans l’attente de la décision de James O’Neill. L’affaire était aussi sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.