Mort de Simon Gautier: Les questions soulevées par le drame

DISPARITION « 20 Minutes » fait le point sur les questions posées par la disparition de Simon Gautier

J.-L. D. avec AFP

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Le Français Simon Gautier a disparu lors d'une randonnée en Italie, au sud de Naples.
Le Français Simon Gautier a disparu lors d'une randonnée en Italie, au sud de Naples. — Heloise GREGOIRE / AFP
  • Le corps de Simon Gautier a été retrouvé sans vie ce dimanche.
  • Le randonneur de 27 ans avait disparu depuis neuf jours.
  • « 20 Minutes » fait le point sur les questions soulevées par ce drame.

Le corps sans vie de Simon Gautier a été retrouvé dimanche, neuf jours après sa disparition. Si les recherches se finissent donc de la pire des manières, toutes les questions n’ont pas encore trouvé de réponse. 20 Minutes fait le point sur la situation.

Une enquête a été ouverte par le procureur local pour procéder à l’autopsie mais pas pour examiner le déroulement des opérations de secours, a précisé un porte-parole de la gendarmerie, ce lundi.

Que s’est-il passé ?

Simon Gautier était un Français âgé de 27 ans, étudiant à Rome depuis deux ans pour rédiger une thèse en histoire de l’art. Il était parti en randonnée le jeudi 8 août de la ville de Policastro Bussentino, direction Naples. Le lendemain, le jeune homme avait appelé les secours avec son téléphone portable, déclarant être tombé d’une falaise et s’être cassé les deux jambes, mais sans pouvoir dire où il se trouvait, « au milieu de nulle part, sur la côte ». Il indiquait également voir la mer et être tombé d’une falaise.

Des témoins et des « données techniques » liées à son téléphone laissent penser qu’il a passé la nuit du 8 au 9 août sur une plage avant de repartir peu après 6h30 le lendemain matin, selon un responsable des forces de l’ordre de la région.

Selon La Repubblica, le corps de Simon Gautier a été repéré « dans un ravin » dimanche par un membre des secours alpins qui scrutait la zone supposée de sa disparition avec des jumelles. Le corps se situait au Belvedere di Ciolandrea, dans la province de Salerne, à environ 200 kilomètres au sud de Naples.

Dans ce ravin situé dans une zone difficile d’accès, les secouristes ont choisi de passer la nuit près du corps. Ce lundi, les opérations, décrites comme « délicates », pour remonter le corps ont commencé dès l’aube.

Pourquoi a-t-on mis autant de temps à le retrouver ?

La région dans laquelle Simon Gautier s’est aventuré est très vaste. Les recherches terrestres couvraient ainsi une zone de 140 kilomètres carrés. En plus de son étendue, le territoire est très escarpé, rendant encore plus difficile les recherches.

L’Italie ne dispose pas de l’Advanced Mobile Location (AML) qui permet de recevoir les coordonnées précises par GPS de la personne lorsqu’elle appelle les secours, même sans Internet. Une technologie disponible sur tous les téléphones Apple et Google, mais dépendante du bon vouloir de chaque pays. En effet, sa mise en place coûte ainsi plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qu’a refusé pour le moment la Botte. Elle sera toutefois bientôt forcée de l’installer, comme tous les pays de l’Union européenne.

Faute de disposer de cette technologie, l’Italie a dû s’en remettre aux antennes relais, mais ces dernières sont peu nombreuses dans la région, d’où une zone de recherches très élargie.

De quoi Simon Gautier est-il mort ?

« La mort a suivi de peu son appel (aux secours, à 8h57). A 10h, il était probablement déjà mort », a déclaré cette source à des journalistes, évoquant une possible « hémorragie » comme cause de sa mort. Le corps du randonneur présentait de graves blessures aux jambes, mais sa tête ne semblait pas avoir été touchée, selon une source au sein de la gendarmerie italienne, qui a procédé lundi à une première analyse de son corps.

Les secours ont-ils tardé à intervenir ?

C’est le reproche qui a été fait par les proches du randonneur, signalant le manque de moyens mis en place, selon eux. La mère du jeune homme, Delphine Godard, avait notamment lancé un appel à l’aide sur LCI : « Malgré leur bonne volonté et leur aide, les secours italiens ne sont pas assez nombreux pour explorer ce secteur. » Elle avait alors demandé à la France et à l’Italie d'« apporter l’aide nécessaire pour explorer cette zone difficile ».

Une source du quai d’Orsay a indiqué que les autorités italiennes avaient déployé « d’importants moyens matériels et humains […] afin de retrouver Simon Gautier dans une zone étendue et difficile d’accès ». Les recherches s’étaient renforcées dimanche avec des équipes de pompiers spécialisés, des équipes cynophiles, des membres des secours alpins et aussi un hélicoptère et des drones.

Au-delà du manque d’effectifs déploré, dans une zone de 140 kilomètres carrés on le rappelle, ce sont aussi les délais qui interrogent. Ainsi, alors que l’appel au secours de Simon Gautier a eu lieu le vendredi matin, les recherches n’ont été entamées qu’une fois la nuit tombée par la commune de San Giovanni à Piro. Le premier hélicoptère n’a décollé que le lendemain dans l’après-midi. La famille a elle été prévenue le lundi 12 août de la disparition du jeune homme, soit trois jours après son appel au secours. Il a fallu attendre une semaine pour que la commune de Policastro diffuse des images de caméras de surveillance montrant le passage du randonneur.

« Dès le moment où l’appel à l’aide de Simon est parvenu aux carabiniers […], les opérations ont débuté immédiatement pour géolocaliser le téléphone », s’est défendu la préfecture de Salerno, dont dépend la zone, dans un communiqué paru samedi 17 août.