Le gouvernement américain veut rendre possibles les licenciements de personnes transgenres

DISCRIMINATIONS Le ministère de la Justice américain a demandé à la Cour suprême d’autoriser les licenciements au motif qu'une personne est transgenre

A.L. avec AFP

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Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche le 1er août 2019.
Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche le 1er août 2019. — Evan Vucci/AP/SIPA

Le gouvernement américain a fait un pas de plus dans sa politique d’exclusion des personnes transgenres: vendredi 16 août, le ministère de la Justice a demandé à la Cour suprême d’autoriser les employeurs à renvoyer un ou une salariée au motif que cette personne est trans, selon plusieurs médias américains, dont Buzzfeed US. 

En juillet dernier, une femme trans, Aimee Stephens, a gagné son procès contre son employeur, une entreprise de pompes funèbres qui l’avait renvoyée au moment où elle avait annoncé vouloir accomplir sa transition. 

Un impact bien au-delà des communautés trans

Les personnes trans sont pour l’instant protégées par l’article VII du «Civil Rights Act» qui empêche toute discrimination «en raison du sexe». Mais le ministère de la Justice conteste l'interprétation qu’en font les tribunaux, arguant que cet article de loi n’interdit pas les discriminations fondées sur l’identité de genre, à savoir l’identité ressentie, mais sur le seul sexe biologique. 

«Les gens ne se rendent pas bien compte à quel point une telle décision pourrait avoir un impact bien au-delà des communautés trans et LGBT+. Cela concernerait tous ceux qui se distancient des stéréotypes de genre: les femmes qui portent des pantalons au travail, les hommes qui veulent des responsabilités dans la maternité de leur compagne...» a expliqué l’avocat qui défend Aimee Stephens au HuffPost américain.

Discriminations dans le système d'assurance-santé

Le gouvernement de Donald Trump n’en est pas à sa première attaque contre les personnes transgenres. En juin, le président américain avait décidé de leur interdire de s'engager dans l'armée en raison disait-il des «quantités massives de médicaments» prises après les opérations de changement de sexe et le coût de ces opérations.

En vertu de nouvelles règles entrées en vigueur en avril, les personnes ayant besoin d'un traitement hormonal ou de chirurgie de réassignation sexuelle ne peuvent plus s'enrôler dans l'armée américaine, pas plus que les personnes ayant déjà subi un traitement médical de changement de sexe.

En mai, le ministère américain de la Santé a annoncé l'abrogation prochaine d'une clause protégeant les personnes transgenres de discriminations dans le système d'assurance-santé. Le ministère prévoit de supprimer une mention présente dans la loi «Obamacare» introduite en 2016 sous la présidence de Barack Obama, qui élargissait notamment la discrimination «sur la base du sexe» à l'identité de genre.