«Le Groenland n'est pas à vendre», répond l'île à Trump

GEOPOLITIQUE Le président américain aurait demandé à ses conseillers d'étudier la possibilité d'acheter l'île au Danemark

P.B.

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Le Groenland est riche en ressources naturelles.
Le Groenland est riche en ressources naturelles. — SASO LICHOVSKI/SIPA

On ne sait toujours pas si Donald Trump est sérieux ou pas. Mais vendredi, le gouvernement autonome du Groenland a tenu à mettre les choses au clair : l’île n’est « pas à vendre. » Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait demandé à ses conseillers d’étudier la possibilité d’acheter l’île au Danemark, ce qu’avait déjà tenté de faire Harry Truman en 1946.

« Le Groenland est riche en ressources précieuses (…). Nous sommes ouverts aux affaires, pas à la vente », a rétorqué sur Twitter vendredi le ministère groenlandais des Affaires étrangères. Joint par l’AFP, le cabinet de la Première ministre Mette Frederiksen n’a pas souhaité faire de commentaire dans l’immédiat. « Ce doit être un poisson d’avril », a de son côté tweeté l’ancien chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen (Parti libéral). Cela ne semble pourtant pas être le cas. Le président américain a en effet confirmé dimanche son intérêt pour acheter l’île au Danemark, une éventualité qu’il a qualifié de « grosse transaction immobilière », tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une priorité pour les Etats-Unis.

Une importance géostratégique

L’idée semble assez folle, mais est-elle possible ? Actuellement, le Groenland est un territoire autonome qui appartient au royaume du Danemark. Ses 56.000 habitants auraient sans doute leur mot à dire, mais le Danemark aurait le dernier mot.

Techniquement, l’île appartient géographiquement au continent nord-américain et elle est riche en ressources naturelles. Elle a également une importance géostratégique : les Etats-Unis y ont une base militaire située à 1.500 km du pôle nord, une position idéale pour surveiller des missiles intercontinentaux venus de Russie ou de Corée du Nord. Les Etats-Unis avaient déjà étudié la possibilité d’un rachat en 1867. En 1946, Copenhague avait même refusé une offre de 100 millions de dollars d’Harry Truman. A quand une Trump Tower à Nuuk ?