Etats-Unis: Un responsable de l’immigration détourne le poème de la statue de la Liberté et fait polémique

CONTROVERSE Ken Cuccinelli a détourné le poème pour « présenter » la politique du gouvernement Trump qui vient de lancer une nouvelle offensive contre les migrants qui dépendent des aides sociales

20 Minutes avec agences

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La statue de la liberté de New York aux Etats-Unis. Illustration.
La statue de la liberté de New York aux Etats-Unis. Illustration. — NEGROTTO VIVIANE/SIPA

Le texte d’Emma Lazarus, gravé sur une plaque à l’intérieur du socle de la statue de Liberté à New York, est pourtant devenu un symbole historique de l’accueil des immigrés et des plus démunis aux Etats-Unis. Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services américains de l’immigration, a détourné ce mardi le célèbre poème Le Nouveau Colosse pour défendre la politique migratoire du gouvernement Trump, critiquée pour son manque d’humanisme.

« Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres qui sont autosuffisants et ne deviendront pas une charge publique », a déclamé, ironiquement, Ken Cuccinelli sur la radio nationale NPR. Cette déclaration a suscité la controverse.

De nouvelles règles contre les migrants

Un journaliste avait demandé Ken Cuccinelli si le célèbre poème faisait bien partie du rêve américain, alors que le gouvernement Trump a annoncé ce lundi une nouvelle offensive contre les migrants. Selon les nouvelles règles, ceux bénéficiant de prestations sociales, comme des soins subventionnés ou une allocation logement, risquent de se voir désormais refuser la nationalité américaine.

Evidemment, le poème de la statue de la Liberté, écrit en 1883, ne fait pas référence à l’autosuffisance financière des nouveaux arrivants en Amérique. « Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres/Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres/Les rebuts de vos rivages surpeuplés », avait écrit la poétesse Emma Lazarus.

Indignation de tous bords

Le détournement de Ken Cuccinelli a indigné non seulement les responsables de l’opposition démocrate, mais également nombre de commentateurs politiques ou d’internautes. « Nos valeurs sont gravées dans la roche de la statue de la Liberté. Elles ne seront pas remplacées. Et je me battrai pour ces valeurs et nos communautés d’immigrés », a ainsi tweeté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, prétendante à la Maison-Blanche en 2020.

« Je vais vous dire quelque chose : les Etats-Unis resteront toujours un endroit d’accueil pour les immigrés et les réfugiés, quel que soit l’argent dont ils disposent », a renchéri la sénatrice Kamala Harris, également candidate à la primaire démocrate. Ken Cuccinelli s’est ensuite défendu sur CNN : « Je ne réécris pas le poème. Je présente notre politique ».