Des réservoirs de stockage d'eau contaminée par les radiations, à Fukushima.
Des réservoirs de stockage d'eau contaminée par les radiations, à Fukushima. — Pierre Emmanuel Deletree//SIPA

ENVIRONNEMENT

Fukushima: Le Japon envisagerait de déverser les eaux contaminées dans le Pacifique

Le gouvernement japonais pourrait autoriser le « rejet contrôlé » dans l’océan Pacifique des eaux contaminées de Fukushima, au grand dam de son voisin sud-coréen

Sous la centrale nucléaire dévastée de Fukushima, les nappes phréatiques sont hautement contaminées depuis la catastrophe. Chaque semaine, 1.400 tonnes d’eau radioactive sont récupérées et provisoirement stockées dans d’immenses réservoirs.

Or, Tepco, la société qui exploite la centrale nucléaire, a annoncé vendredi 9 août qu’il n’y aura plus de place d’ici trois ans pour entreposer cette eau. Le gouvernement japonais envisagerait ainsi d’autoriser le rejet de plus d’un milliard de litres d’eau contaminée dans l’océan Pacifique, rapporte RFI ce mardi 13 août. Cette perspective, déjà évoquée à plusieurs reprises depuis l'accident nucléaire, est loin d’enchanter la Corée du Sud.

Une option rapide et peu coûteuse

Pour l’heure, aucune technologie fiable ne permet de décontaminer cette eau radioactive. L’option d’un « rejet contrôlé » dans l’océan serait donc la seule solution « réaliste » aux yeux des experts nucléaires. Mais cette option est redoutée par plusieurs ONG et par les voisins Coréens.

« Déverser cette eau dans l’océan est l’option la moins chère et la plus rapide, et nous sommes convaincus que c’est ce que fera [le Japon] », s’inquiète ainsi Chang Mari, représentante de Greenpeace en Corée du Sud, citée par RFI.

« Les Coréens sont très inquiets »

Portée par les courants marins, l’eau contaminée entraînera vraisemblablement une pollution des eaux sud-coréennes. « Les Coréens sont très inquiets. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale pour stopper le gouvernement japonais. C’est un problème qui concerne le monde entier », explique la militante.

L’organisation de protection de l’environnement accuse le gouvernement japonais d’un manque de transparence sur les risques liés à la radioactivité du site de Fukushima.