Explosion en Russie: Les employés travaillaient sur de «nouveaux armements»

DEFENSE Selon des experts américains, l’accident pourrait être lié aux tests du missile de croisière « Bourevestnik », l’une des nouvelles armes « invincibles » de la Russie

20 Minutes avec AFP

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Un nuage de fumée après l'explosion d'une usine en Russie, le 1er juin 2019.
Un nuage de fumée après l'explosion d'une usine en Russie, le 1er juin 2019. — Yelena Sorokina/TASS/Sipa USA/SI

Les cinq spécialistes, tués jeudi dans l’explosion sur une base de tir de missiles nucléaires dans le Grand Nord russe, travaillaient sur de « nouveaux armements », a indiqué l’agence nucléaire russe, ce lundi, promettant de poursuivre les tests « jusqu’au bout ».

Selon des experts américains, l’accident, dont les autorités n’ont reconnu que samedi le caractère nucléaire, pourrait être lié aux tests du missile de croisière « Bourevestnik », l’une des nouvelles armes « invincibles » évoquées récemment par Vladimir Poutine.

« Nous remplirons les devoirs que nous a confié notre Patrie »

L’agence nucléaire russe Rosatom a célébré lundi la mémoire des cinq membres de son personnel tués dans l’explosion, assurant vouloir « continuer le travail sur les nouveaux types d’armes, qui sera dans tous les cas poursuivi jusqu’au bout ». « Nous remplirons les devoirs que nous a confié notre Patrie. Sa sécurité sera entièrement assurée », a ajouté le patron de Rosatom Alexeï Likhatchev, cité par les agences russes.

Selon Rosatom, ses spécialistes fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile à l’origine de l’explosion, qui s’est produite sur une « plate-forme maritime » et qui a jeté plusieurs employés à la mer. Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides », mais n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire.

Une brève hausse de la radioactivité enregistrée

Il avait alors assuré qu’il « n’y a pas eu de contamination radioactive », mais la mairie d’une ville située près de la base avait dit avoir « enregistré une brève hausse de la radioactivité » avant de retirer sa publication. Des experts ont lié l’accident aux tests du « Bourevestnik », missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février mais pas encore au point selon les spécialistes. D’une « portée illimitée » selon le président, il serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d’interception.

La base, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques, est située près du village de Nionoksak, dans le Grand Nord. La ville fermée de Sarov, qui accueille le principal centre de recherches nucléaires russe, a décrété dimanche une journée de deuil et les cinq spécialistes tués seront décorés à titre posthume après leurs funérailles lundi. Connu sous le nom de code « Arzamas-16 » durant la Guerre froide, le centre de Sarov est à l’origine des premières armes nucléaires de l’Union soviétique.