Hong Kong: Cathay Pacific menace de licencier les employés soutenant «les manifestations illégales»

MOBILISATION La Chine a demandé à Cathay Pacific de lui communiquer les noms des personnels à bord de ses vols à destination de la Chine, ou qui traversent son espace aérien

20 Minutes avec AFP

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Un Airbus de la Cathay Pacific à l'aéroport de Hong Kong (illustration).
Un Airbus de la Cathay Pacific à l'aéroport de Hong Kong (illustration). — STR/EyePress/NEWSCOM/SIPA

Sous pression de Pékin, la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a menacé, ce lundi, de licencier les salariés qui « soutiennent ou participent aux manifestations illégales » à Hong Kong.

La mobilisation à Hong Kong est sans précédent depuis sa rétrocession par Londres à la Chine en 1997.

Des sanctions disciplinaires pour les salariés participant aux manifestations

Vendredi, la direction générale de l'aviation civile chinoise a exigé que Cathay Pacific lui communique les noms des personnels à bord de ses vols à destination de la Chine, ou qui traversent son espace aérien. Pékin a indiqué que les employés soutenant le mouvement pro-démocratie ne seraient pas autorisés sur ces vols. Cathay Pacific a déjà fait savoir qu’elle se plierait à ces demandes.

Dans un message au personnel, le directeur général Rupert Hogg a réaffirmé que les employés de Cathay encouraient des « conséquences disciplinaires » s’ils étaient impliqués dans les manifestations pro-démocratie. « Cathay Pacific a une politique de tolérance zéro concernant les activités illégales. En particulier, dans le contexte actuel, il y aura des conséquences disciplinaires pour les employés qui soutiennent ou participent aux manifestations illégales », indique Rupert Hogg. « Ces conséquences peuvent être graves et impliquer la résiliation du contrat de travail. »

Un des pilotes inculpé pour participation à une émeute

Il a également mis en garde les employés contre le fait de soutenir ou de participer à une nouvelle manifestation en cours à l’aéroport de l’ex-colonie britannique. Les « actions et paroles de nos employés en dehors des heures de travail peuvent avoir un impact important sur la société », a-t-il encore dit. La mobilisation née il y a deux mois à Hong Kong constitue pour Pékin le plus grand défi dans l’ex-colonie depuis 1997.

Le gouvernement central n’a cessé ces dernières semaines de durcir son discours et de multiplier les mises en garde à l’encontre des manifestants. Cette mobilisation a également placé Cathay dans une position délicate, notamment depuis que les médias ont rapporté qu’un de ses pilotes avait été inculpé pour participation à une émeute en raison de son implication dans une manifestation qui avait dégénéré.

Deux autres employés limogés pour avoir fait fuiter un itinéraire

Le syndicat des personnels de bord de Cathay Pacific avait en outre apporté lundi dernier son soutien à la grève générale en déplorant la semaine dernière que le gouvernement eut « ignoré les revendications du peuple et a eu recours aux forces de police pour tenter d’étouffer des voix, poussant de nombreux Hongkongais au désespoir ». La compagnie a suspendu son pilote inculpé.

Elle a annoncé samedi le limogeage de deux autres employés sans en donner la raison. Selon des médias hongkongais, ils sont accusés d’avoir fait fuiter le détail de l’itinéraire d’une équipe de football de la police hongkongaise qui se rendait en Chine continentale. Le titre reculait en début d’après-midi de 4,27 % à 9,86 HKD, alors que la maison mère de la compagnie, Swire Pacific, cédait de son côté 4,34 %.