Etats-Unis: Il est expulsé vers l'Irak où il n'a jamais vécu et y décède faute de traitement pour son diabète

TRAGEDIE Son appartenance à la minorité chaldéenne pourrait aussi être une des raisons de son expulsion

L.Gam.

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Des agents de l'ICE, le 7 août 2019, dans le Mississippi.
Des agents de l'ICE, le 7 août 2019, dans le Mississippi. — HO / US Immigration and Customs Enforcement / AFP

Il était de nationalité irakienne, était né en Grèce et avait vécu toute sa vie aux Etats-Unis. « Jimmy Aldaoud… n’aurait jamais dû être envoyé en Irak », explique Me Edward Bajoka, un avocat spécialiste de l’immigration sur Facebook, et qui se présente comme un proche de la famille Aldaoud. L’homme de 41 ans, originaire de Detroit ( Etats-Unis) a, selon l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) citée par Politico, été expulsé en juin vers l’Irak, où il est décédé mardi.

Jimmy Aldaoud ne parlait pas arabe et n’avait jamais vécu en Irak, selon Edward Bajoka pour qui « sa santé mentale a été la principale raison de ses problèmes juridiques qui ont conduit à son expulsion ». Car Jimmy Aldaoud était également schizophrène. Mais ce qui l’a tué, d’après cet avocat, c’est l’impossibilité pour lui de suivre son traitement pour le diabète en Irak.

Membre de la communauté chaldéenne

Pour l’ACLU, l’appartenance de Jimmy Aldaoud à la minorité chaldéenne est aussi une des raisons de son expulsion. Cette minorité chrétienne discriminée risque gros en Irak. « Nous savions qu’il ne survivrait pas s’il était déporté. Ce que nous ignorons maintenant, c’est combien de personnes de plus l’ICE enverra à la mort », a déclaré Miriam Aukerman, avocate pour l’ACLU, à Politico.

Selon plusieurs médias américains, l’administration de Donald Trump cherche à expulser plus de 1.000 Irakiens dans le pays, dont des membres de la communauté chaldéenne. Cité par le HuffPost, le représentant démocrate du Michigan, Andy Levin, a adressé une critique similaire aux services de l’immigration : « Mes collègues républicains et moi-même n’avons cessé de demander à l’exécutif d’arrêter l’expulsion de personnes aussi vulnérables. Maintenant quelqu’un est mort. Nous ne pouvons pas attendre un jour de plus avant d’agir ».

Le 21 juin, un homme, qui affirmait être Jimmy Aldaoud, racontait avoir été interpellé par des agents et avoir expliqué qu’il n’avait jamais été en Irak. « J’ai passé toute ma vie dans ce pays, depuis ma naissance à peu près (…) Mais ils ont refusé de m’écouter ».