Fusillade d'El Paso: Le tireur dit avoir ciblé des «Mexicains»

ETATS-UNIS Patrick Crusius est accusé d'avoir tué 22 personnes et d'en avoir blessé 26, le week-end dernier

20 Minutes avec AFP

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Des milliers d'habitants se sont rassemblés à El Paso au lendemain de la fusillade qui a fait 22 victimes, le 3 août 2019.
Des milliers d'habitants se sont rassemblés à El Paso au lendemain de la fusillade qui a fait 22 victimes, le 3 août 2019. — ohn Locher/AP/SIPA

« Je suis le tireur. » Lors de son arrestation, l’auteur présumé de la fusillade d’El Paso a levé les mains en l’air et a aussitôt reconnu les faits, selon un compte rendu d’enquête consulté vendredi par l’AFP. Et il a affirmé aux autorités qu’il avait ciblé « des Mexicains », après, semble-t-il, s’être radicalisé en ligne, notamment en lisant le manifeste du tireur de Christchurch. Il encourt la peine capitale.

« L’accusé a indiqué qu’une fois à l’intérieur du magasin il a ouvert le feu avec son (fusil d’assaut) AK-47 sur des personnes innocentes. L’accusé a indiqué que ses cibles étaient des ''Mexicains'' », relate le document. Vingt-deux sont décédées, dont huit Mexicains et une majorité d’Américains d’origine hispaniques, et 26 ont été blessées.

Un jeune homme solitaire qui s’est radicalisé en ligne

Patrick Crusius, un jeune homme blanc de 21 ans, avait roulé pendant une dizaine d’heures depuis Allen, dans la banlieue de Dallas, pour arriver à El Paso, située à la frontière avec le Mexique.

Avant de passer à l’acte, il avait mis en ligne un manifeste dénonçant une « invasion hispanique du Texas ». En milieu de matinée, il était entré dans un hypermarché Walmart bondé avec son fusil d’assaut et plusieurs chargeurs et avait tiré sur des dizaines de personnes.

La famille du tireur a assuré à plusieurs médias américains qu’il était solitaire mais n’avait jamais exprimé des opinions radicales devant eux. Sur Twitter, il célébrait le mur promis par Donald Trump mais il semble s’être radicalisé sur Internet ces 12 derniers mois en fréquentant des forums extrémistes, notamment en lisant le manifeste du tireur de Christchurch. Deux mois avant la tragédie, sa mère avait appelé les autorités, inquiète car son fils venait d’acheter un fusil semi-automatique.

Trump favorable à une réforme « de bon sens »

Ce bain de sang a été suivi, treize heures plus tard, d’une autre fusillade à Dayton, dans l’Ohio, où un autre jeune homme blanc a semé la mort dans un quartier de bars et restaurants, avant d’être abattu par des policiers en patrouille. Ses motivations restent incertaines : sa sœur figure parmi ses neuf victimes, mais il s’était intéressé à des « idéologies violentes », selon la police locale.

Les deux drames ont rouvert le débat sur les armes à feu aux Etats-Unis, régulièrement endeuillés par des fusillades de masse. Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale un des marqueurs de sa présidence, a de son côté été pointé du doigt pour ses diatribes contre les Mexicains, qu’il a assimilés à des « violeurs » lors de sa campagne de 2016. Depuis, il a régulièrement usé le terme « invasion » et les démocrates lui reprochent d’avoir « attisé la haine » extrémiste.