Le pape François préoccupé par le «souverainisme» et le «populisme»

REACTION « Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934 », a déclaré le souverain pontife

20 Minutes avec AFP

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Le pape François le 22 mars 2019 au Vatican
Le pape François le 22 mars 2019 au Vatican — Andreas SOLARO / AFP

Alors que le leader d’extrême droite Matteo Salvini a déclenché une crise politique en Italie, en faisant éclater la coalition au pouvoir, le pape François a réagi, fustigeant le souverainisme, une attitude de « fermeture » qui « mène à la guerre », et le populisme dont le discours est « très proche », a-t-il déclaré dans un entretien publié vendredi par La Stampa.

« Le souverainisme est une attitude d’isolement. Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. "Nous d’abord. Nous… nous" : ce sont des pensées qui font peur », a souligné le souverain pontife.

« Chasser les oligarques européens »

L’homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini, chef de la Ligue, a fait éclater jeudi la coalition au pouvoir dans laquelle il était allié au Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), provoquant une crise politique. En cas d’élections anticipées à l’automne, il devrait concourir seul et les sondages lui prédisent une large victoire avec l’appoint du parti post-fasciste Fratelli d’Italia.

Matteo Salvini, qui se dit ami du dirigeant hongrois Viktor Orban et de la cheffe de l’extrême droite française Marine Le Pen, revendique appartenir à un « front souverainiste » dont le but est de « chasser les oligarques européens ».

« Les populismes nous mènent aux souverainismes »

« Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les rapports avec d’autres pays, avec la Communauté européenne, doivent également être défendus. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal : elle mène à la guerre », a ajouté le pape.

Interrogé sur « le populisme », il a estimé qu’il s’agissait « du même discours ». « Les populismes nous mènent aux souverainismes : ce suffixe en "isme" ne fait jamais du bien », a-t-il asséné. Réagissant dans un tweet, Marine Le Pen a jugé cette phrase « affligeante » : « quid du catholicisme et du christianisme à ses yeux ? ! », s’est-elle interrogée.

Pour le pape, il faut « sauver » l’Europe

Pour le pape François, l’Europe, qui représente « l’unité », « ne doit pas se dissoudre ». « Elle s’est affaiblie avec les années, aussi en raison de quelques problèmes de gouvernance, de dissensions internes. Mais il faut la sauver. Après les élections, j’espère qu’un processus de relance va commencer », a-t-il dit, en saluant la nomination d’une femme à la tête de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen.

Le pape évoque régulièrement le danger de la montée des partis populistes anti-immigration, sans jamais nommer les pays ou dirigeants concernés.