Allemagne: Un ancien gardien du camp de concentration de Stutthof comparaîtra devant la justice en octobre

PROCES L'homme est accusé d’avoir contribué aux meurtres de 5.230 prisonniers lorsqu’il était gardien à Stutthof entre août 1944 et avril 1945

20 Minutes avec agences

— 

Le camp de Stutthof, en Pologne, en août 2015.
Le camp de Stutthof, en Pologne, en août 2015. — Caro / Bastian /SIPA

Il s’agit sans doute de l’un des derniers procès contre un ancien militaire ou garde de camp nazi. Bruno Dey, un ex-gardien SS du camp de concentration de Stutthof (Pologne), comparaîtra à partir d’octobre devant la justice allemande pour complicité de milliers de meurtres pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Le procès s’ouvrira le 17 octobre », a affirmé un porte-parole du tribunal de Hambourg, confirmant une information du journal Die Welt. Les audiences seront restreintes à deux par semaine et à deux heures maximum chacune, en raison de l’état de santé précaire de l’accusé, âgé de 92 ans.

Un « rouage dans la machinerie meurtrière »

Bruno Dey avait été mis en accusation par le parquet de Hambourg mi-avril pour avoir contribué aux meurtres de 5.230 prisonniers, commis lorsqu’il était gardien « entre août 1944 et avril 1945 » du camp de Stutthof. Il avait 17 ans à l’époque.

Sa tâche consistait à « empêcher la fuite, la révolte ou la libération des prisonniers » juifs condamnés à être exterminés d’une balle dans la nuque ou au pesticide Zyklon B (utilisé dans les chambres à gaz), selon l’accusation. Il a été un « rouage dans la machinerie meurtrière en toute connaissance de cause », avait ajouté le parquet.

65.000 victimes à Stutthof

Selon Die Welt, le nonagénaire avait reconnu auprès du procureur avoir su, à l’époque, ce qui se passait dans le camp concernant les chambres à gaz et les crémations des cadavres. Mais il avait aussi expliqué ne pas pouvoir fuir sous peine d’être lui-même tué.

Début avril, le procès d’un autre ancien garde du même camp nazi avait été abandonné en raison de la dégradation de l’état de santé de l’accusé, âgé lui de 95 ans. Au total, 65.000 personnes sont décédées à Stutthof, essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne. Ce camp a été intégré au système d’extermination des Juifs en juin 1944.